Catégorie : Animaux & nature

  • La mante religieuse : hasard ou synchronicité ?

    Hier matin, en ouvrant les volets, j’ai découvert une mante religieuse posée sur la porte-fenêtre de la maison.

    Je me suis arrêtée quelques instants pour l’observer. Sa silhouette si particulière, son immobilité, son regard presque mystérieux… Puis j’ai repris le cours de ma journée, en pensant qu’elle repartirait rapidement.

    Pourtant, ce matin, elle était toujours là.

    Sa présence m’a interpellée.

    La veille de cette rencontre, j’avais fait un rêve qui m’avait profondément marquée.

    J’y voyais un petit oiseau au plumage brun, avec une tache rouge au niveau du cœur. Cette tache ressemblait à une cible. Cet oiseau ne volait pas au hasard : il avançait avec une détermination incroyable, comme s’il savait exactement où il allait. Dans mon rêve, je racontais cette rencontre à des amis, avec la sensation que cet oiseau venait me rappeler quelque chose d’essentiel : me rassembler, cesser de disperser mon énergie et avancer avec justesse.

    Au réveil, ce rêve était encore très présent.

    Et quelques heures plus tard, cette mante religieuse apparaissait devant ma porte.

    Alors, hasard ou synchronicité ?

    Je n’en sais rien.

    avant, pendant longtemps, j’aurais cherché une réponse.

    Aujourd’hui, je préfère accueillir la question.

    Depuis que je m’intéresse davantage aux pratiques chamaniques, aux rêves et à l’observation du vivant, je remarque que certains animaux semblent apparaître à des moments particuliers de ma vie.

    Est-ce parce qu’ils viennent réellement nous transmettre un message ?

    Ou simplement parce que je suis devenue plus attentive à ce qui m’entoure ?

    Finalement, je crois que la réponse importe moins que ce que cette rencontre fait naître en moi.

    La mante religieuse est un animal fascinant, elle ne s’agite pas, elle observe, elle attend et semble entièrement présente à l’instant qu’elle est en train de vivre.

    Puis, lorsque le moment est venu, elle agit avec une précision remarquable.

    En la regardant, je me suis demandé si ce n’était pas exactement ce que la vie essayait de m’apprendre depuis quelque temps.

    Pendant des années, j’ai voulu tout mener de front : mon métier auprès des animaux, mes mandats d’élue, l’association, l’écriture, les formations, les nouveaux projets…

    J’aimais tout cela. Mais je me dispersais aussi beaucoup.

    Depuis plusieurs mois, je sens qu’un changement s’opère.

    Les choses deviennent plus simples.

    Je ressens moins le besoin de courir après tout.

    J’apprends à faire confiance au bon moment, à laisser certaines portes s’ouvrir naturellement, sans vouloir les forcer.

    Cette mante religieuse est peut-être simplement venue me rappeler cela.

    Ou peut-être est-ce moi qui donne du sens à cette rencontre.

    Et au fond, cela n’a pas tellement d’importance.

    Car ce qui me touche, ce n’est pas de savoir si cet insecte est porteur d’un message universel.

    C’est qu’il m’a obligée à m’arrêter.

    À prendre quelques minutes pour observer, à écouter ce qui se passait en moi.

    Les animaux vivent dans le présent. Ils ne cherchent pas forcément à expliquer ce qu’ils rencontrent. Ils vivent pleinement chaque instant.

    Peut-être avons-nous, nous aussi, quelque chose à apprendre de cette simplicité.

    Je ne prétends pas détenir une vérité, je partage simplement une expérience.

    Une rencontre qui m’a invitée à ralentir.

    À faire confiance au chemin qui se dessine peu à peu.

    Et à me rappeler que, parfois, le vivant nous parle… non pas avec des mots, mais avec une présence qui résonne exactement au bon moment.

    Et vous…

    Avez-vous déjà vécu une rencontre avec un animal qui vous a profondément marqué, sans que vous puissiez vraiment expliquer pourquoi ?

  • Chien de protection : quand ma chienne Jade, akita américain, a choisi de protéger mes poules

    Il y a quelques jours, j’ai retrouvé l’un de mes coqs mort. C’est cette attaque qui m’a amenée à réfléchir au rôle qu’un chien de protection pouvait jouer auprès de mes poules.

    Pour beaucoup, ce n’est « que la nature ». Pourtant, lorsqu’on élève des animaux, chacun d’eux compte. On les nourrit, on veille sur eux, on les connaît. Alors forcément, cela touche.

    Chez moi, en Dordogne, les renards sont nombreux. C’est précisément pour cette raison que mes poules et mes coqs vivent dans un grand parc entièrement clôturé, avec un grillage de plus d’un mètre cinquante de hauteur. J’avais fait ce choix pour leur offrir une vie la plus libre possible… tout en les protégeant.

    Malgré cela, le renard a trouvé une faille.

    Le lendemain, il est revenu. Cette fois, un autre de mes coqs était vivant… mais sans sa queue. Il avait échappé de peu à une nouvelle attaque. Au-delà de la perte d’un coq, c’est tout un équilibre du vivant qui me touche. Depuis quelque temps, j’ose parler davantage de ma pratique du chamanisme. Elle a changé mon regard sur les animaux. Je ne les considère plus seulement comme des êtres à protéger ou à soigner, mais comme des compagnons de vie qui participent, chacun à leur manière, au grand équilibre du vivant. La mort de ce coq m’a profondément touchée. Non pas parce qu’il avait une valeur matérielle, mais parce qu’une présence s’était éteinte. C’est sans doute pour cela que j’ai aussitôt cherché une solution qui protège les autres, avec l’aide de Jade. J’avais le sentiment de devoir rétablir cet équilibre plutôt que de laisser la peur ou la colère décider à ma place.

    À ce moment-là, une évidence s’est imposée.

    Un chien de protection peut parfois être la meilleure solution

    Je savais que je ne pouvais pas simplement espérer que le renard ne revienne plus.

    Je pouvais passer mon temps à être en colère, regretter la situation ou attendre qu’une solution extérieure arrive.

    Ou bien… m’adapter.

    J’ai alors pensé à Jade, mon akita américain.

    Beaucoup imaginent encore que les akitas sont uniquement des chiens indépendants ou réservés. C’est oublier une qualité essentielle : lorsqu’ils créent un lien avec leur famille, ils développent souvent un formidable instinct de protection.

    Jade est une chienne extrêmement stable. Elle n’a jamais manifesté la moindre agressivité envers les poules ou les coqs. Elle les connaît depuis longtemps.

    Je lui ai donc installé un coin confortable dans le grand poulailler : son tapis, de l’ombre, de l’eau et tout ce dont elle avait besoin.

    Depuis, elle assure naturellement une présence dissuasive.

    Les animaux nous montrent l’art de l’adaptation

    Ce qui m’a frappée dans cette histoire, ce n’est pas seulement le rôle de Jade.

    C’est la rapidité avec laquelle une nouvelle organisation s’est mise en place.

    Le renard suit son instinct de survie.

    Mes poules continuent leur vie.

    Jade a accepté sa nouvelle mission avec un calme étonnant.

    Et moi, j’ai simplement cherché une solution différente.

    Nous passons parfois énormément d’énergie à lutter contre ce qui est déjà arrivé.

    Les animaux, eux, nous rappellent qu’une fois le danger identifié, l’essentiel est souvent de trouver la meilleure façon d’y répondre.

    Sans dramatiser.

    Sans rester bloqué.

    En avançant.

    Faire confiance aux capacités de chacun

    Bien sûr, tous les chiens ne peuvent pas devenir un chien de protection.

    Cela dépend de leur tempérament, de leur éducation, de leur relation avec les animaux à protéger et des apprentissages réalisés progressivement.

    Jade n’est pas devenue protectrice du jour au lendemain. C’est le résultat de la confiance construite au fil des années.

    Aujourd’hui, elle veille tranquillement sur son petit monde.

    Et je retrouve une certaine sérénité.

    Ce que cette histoire m’a appris

    Cette expérience m’a rappelé une chose essentielle.

    Dans la vie, il y aura toujours des imprévus. Des renards, au sens propre… comme au sens figuré.

    Nous ne contrôlons pas tout.

    En revanche, nous pouvons choisir notre manière de répondre aux événements.

    Les animaux excellent dans cet art de l’adaptation.

    Ils utilisent leurs compétences, leurs forces, leurs instincts.

    Peut-être est-ce là l’une de leurs plus belles leçons : face aux difficultés, chercher la solution plutôt que rester prisonnier du problème.

    Et parfois, cette solution dort tranquillement à quelques mètres de nous… sur un tapis, prête à veiller sur ceux qu’elle aime.