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  • Au-delà de l’absence : un cercle chamanique pour honorer nos défunts

    La passerelle des âmes

    Un cercle chamanique pour honorer nos défunts est un espace où nous pouvons nous relier autrement à celles et ceux qui ont quitté ce monde. Et lorsque je parle de nos défunts, je pense bien sûr aux humains que nous avons aimés, mais aussi aux animaux qui ont partagé notre vie. Leur disparition peut laisser un vide immense et le lien qui nous unissait à eux mérite, lui aussi, d’être reconnu et honoré.

    Il y a quelque temps, j’ai choisi d’oser parler du chamanisme. De ne plus dissimuler cette part de moi, comme si elle devait rester à l’écart de mon activité ou de ce que je partage avec les autres. Depuis, ce chemin continue de s’ouvrir. Aujourd’hui, il prend notamment la forme de cercles chamaniques : des espaces où nous pouvons nous rassembler, voyager au son du tambour et aller à la rencontre de notre monde intérieur.

    Au mois de novembre, je proposerai un cercle particulier, intitulé « Au-delà de l’absence ». Il sera consacré aux défunts, humains comme animaux, à ces êtres que nous avons aimés et dont l’absence physique n’efface pas nécessairement le lien.

    Lorsque l’absence ne met pas fin au lien

    La mort crée une séparation immense. Elle laisse parfois des mots que nous n’avons pas eu le temps de prononcer, des gestes que nous aurions aimé accomplir, des questions restées sans réponse. Elle peut aussi laisser une sensation de vide que le temps transforme, mais ne fait pas toujours disparaître.

    Il en va de même lorsque nous perdons un animal. Pour certaines personnes, cette douleur reste difficile à exprimer, parce que l’entourage ne la comprend pas toujours. Elles peuvent entendre qu’il ne s’agissait « que d’un animal », comme si cela devait rendre le chagrin moins profond.

    Pourtant, un animal partage notre quotidien, nos habitudes, nos joies, nos épreuves et parfois de longues années de notre existence. Il nous accompagne sans juger, perçoit nos émotions et occupe une place unique dans notre foyer. Quand il disparaît, ce ne sont pas seulement sa présence et son corps qui manquent. Ce sont aussi ses pas dans la maison, son regard, sa façon de venir vers nous et tous ces petits rituels qui construisaient la vie à ses côtés.

    Le deuil animalier est un véritable deuil. Il n’a pas à être minimisé ni comparé à un autre. C’est aussi pour cela que je souhaite lui ouvrir une large place au cours de ce cercle.

    Ce qui continue de vivre en nous

    Après la disparition d’un proche humain ou animal, beaucoup d’entre nous sentent que quelque chose demeure. Un souvenir qui surgit avec une force particulière, une présence ressentie dans un rêve, une odeur familière, une chanson entendue au moment juste ou un autre animal qui se manifeste de manière inattendue…

    Chacun donne à ces expériences le sens qui lui ressemble. Certains y voient une coïncidence, d’autres un signe, d’autres encore une façon pour l’amour de continuer à vivre en nous.

    Le chamanisme ne nous demande pas d’imposer une explication. Il nous invite plutôt à entrer dans une autre qualité d’écoute, à laisser une place à ce qui se présente et à accueillir notre ressenti sans chercher immédiatement à le juger.

    Honorer plutôt que retenir

    Rencontrer symboliquement un défunt au cours d’un voyage chamanique ne signifie pas refuser son départ ni rester enfermé dans le passé. Il ne s’agit pas non plus de provoquer une apparition ou d’obtenir à tout prix une réponse.

    Il s’agit avant tout d’ouvrir un espace intérieur.

    Dans cet espace, il devient parfois possible de déposer une parole, d’exprimer un merci, un pardon, un regret ou simplement un amour qui n’a jamais cessé d’exister. Avec un animal, ce peut être aussi l’occasion de remercier pour les années partagées, de déposer la culpabilité liée à une décision difficile ou de dire ce que nous n’avons pas pu dire au moment de son départ.

    Ce qui se présente peut prendre la forme d’une image, d’une émotion, d’un souvenir, d’une sensation ou d’un message symbolique. Il arrive également qu’il ne se passe rien de spectaculaire. Et cela est tout aussi juste.

    Le voyage appartient à chacun. Il n’existe pas de bonne manière de le vivre et aucune expérience n’a plus de valeur qu’une autre.

    Honorer nos morts, humains ou animaux, ce n’est pas les retenir. C’est reconnaître la place qu’ils ont occupée dans notre histoire, remercier ce qui peut l’être et permettre au lien de se transformer. L’être aimé n’est plus présent comme auparavant, mais ce qu’il a semé en nous peut continuer à nous accompagner.

    Pourquoi se retrouver en novembre ?

    À l’approche de la Toussaint, les jours raccourcissent, la nature ralentit et nous entrons peu à peu dans une saison plus intérieure. Depuis très longtemps, cette période est associée à la mémoire des morts et à la transmission entre les générations.

    Nos sociétés modernes nous laissent parfois peu de place pour parler de la mort. Nous devons reprendre le cours de notre vie, être forts, avancer. Cette difficulté est souvent encore plus grande lorsque nous pleurons un animal, car aucun rituel collectif ne vient généralement reconnaître sa disparition.

    Pourtant, le deuil ne suit pas un calendrier. Il a son propre rythme, fait de vagues, d’accalmies et de retours inattendus.

    Se réunir à cette période permet de ne pas rester seul face à l’absence. Le cercle accueille les silences autant que les paroles. Chacun vient avec son histoire, ses croyances et sa sensibilité, dans le respect de celles des autres.

    Ce qu’est un cercle chamanique pour moi

    Un cercle chamanique est d’abord un espace protégé, bienveillant et respectueux. Nous commençons par un nettoyage à la sauge, puis par un cercle de tambours. J’en prête à celles et ceux qui n’en possèdent pas. Le rythme du tambour nous aide à quitter pour un temps le flot habituel de nos pensées et à entrer dans une écoute plus profonde.

    Je guide ensuite les participants au cours de plusieurs voyages chamaniques. Chacun reste libre de vivre l’expérience à sa manière et de ne partager que ce qu’il souhaite. Nous ne sommes pas là pour comparer nos ressentis, encore moins pour les interpréter à la place des autres.

    Une grande place sera accordée aux animaux défunts. Ils ne seront ni relégués au second plan ni considérés comme des liens moins importants. Pour certaines personnes, l’animal qu’elles ont perdu était un compagnon de chaque instant, un membre de leur famille ou même l’être qui les a aidées à traverser une période très difficile. Ce lien mérite d’être accueilli dans toute sa profondeur.

    Je tiens également à ce que chacun revienne pleinement dans le présent. Aller à la rencontre de nos défunts n’a de sens que si cela nous aide à poursuivre notre propre chemin, ici, du côté des vivants.

    Au-delà de l’absence

    Ce cercle chamanique pour honorer nos défunts sera une invitation à rencontrer autrement l’absence, à honorer les êtres disparus — humains et animaux — et à écouter ce que le lien avec eux fait encore vivre en nous.

    Peut-être y aura-t-il un message,peut-être simplement une émotion, une image ou un apaisement. Peut-être sera-t-il temps de dire au revoir autrement, ou au contraire de reconnaître que l’amour demeure sans empêcher la vie de continuer.

    Nous ne chercherons pas à effacer le manque. Nous lui offrirons une place, un temps et un espace pour qu’il puisse, peut-être, se transformer.

    Car au-delà de l’absence, il reste parfois une trace, une transmission, une présence intérieure. Qu’il s’agisse d’un être humain ou d’un animal, l’amour partagé appartient à notre histoire. Et il demeure toujours possible de remercier, de libérer et de continuer à aimer.

  • Faire confiance à l’instinct de nos animaux

    Faire confiance à l’instinct de nos animaux, c’est peut-être commencer par accepter qu’ils savent souvent bien mieux que nous ce dont ils ont besoin. Bien sûr, notre rôle est de veiller sur eux, de leur offrir un environnement adapté et de les protéger lorsqu’un véritable danger se présente. Mais entre protéger et vouloir tout contrôler, il existe parfois une frontière que nous franchissons sans même nous en rendre compte.

    Un doberman qui avait simplement choisi le soleil

    Dimanche, j’étais invitée chez une personne qui possède un doberman, un chien qu’elle a d’ailleurs choisi sur mes conseils.

    Il faisait beau et son chien avait décidé de se coucher… en plein soleil.

    Et régulièrement, j’entendais :

    « Viens là ! Viens à l’ombre ! Allez, viens te mettre au frais ! »

    Le chien, lui, manifestement, n’en avait aucune envie.

    Il était bien là où il était.

    Et je dois reconnaître que ce genre de situation m’interpelle toujours un peu. Parce qu’à force de vouloir protéger nos animaux, nous oublions parfois quelque chose d’essentiel : l’instinct de nos animaux leur permet aussi d’écouter leur corps et de rechercher ce dont ils ont besoin à un moment donné.

    Ce matin, chacun avait choisi son soleil

    Ce matin, en allant m’occuper de mes animaux, j’ai retrouvé exactement la même scène sous différentes formes.

    Mon cheval profitait tranquillement du soleil du matin.

    Il aurait parfaitement pu aller à l’ombre. Il ne l’avait pas fait. À cet instant-là, il avait choisi le soleil.

    Un peu plus loin, une de mes chattes, Kitchen, était installée sur le rebord d’une fenêtre. Les yeux fermés, paisible, elle aussi profitait des premiers rayons.

    Personne ne leur avait expliqué qu’il fallait « prendre le soleil ».

    Personne ne leur avait dit quand aller à l’ombre.

    Ils avaient simplement choisi l’endroit dans lequel ils se sentaient bien à ce moment précis.

    Et si nous apprenions simplement à leur faire davantage confiance ?

    Protéger ne signifie pas décider à leur place

    Cet été a été particulièrement chaud. Bien sûr que nous avons une responsabilité envers les animaux qui vivent avec nous.

    Ils doivent disposer d’eau fraîche. Ils doivent pouvoir trouver de l’ombre. Ils doivent avoir accès à un endroit plus frais lorsque les températures deviennent importantes.

    Chez moi, les possibilités existent.

    Les chiens peuvent se mouiller. Ceux de la maison disposent notamment d’un bac rempli d’eau. Sur mon terrain d’éducation, il y a un étang. Les animaux disposent de zones ombragées et peuvent chercher les endroits les plus adaptés selon le moment de la journée.

    Mon rôle est de leur offrir des possibilités.

    Pas nécessairement de choisir à leur place.

    Il existe évidemment des situations où nous devons intervenir : un animal enfermé dans un espace surchauffé, un chien en plein effort sous une chaleur importante, un animal âgé ou malade, ou encore un animal présentant des signes de coup de chaleur.

    Faire confiance à l’instinct de nos animaux ne signifie donc pas les laisser se débrouiller quelles que soient les circonstances.

    Cela signifie apprendre à distinguer deux choses : protéger et contrôler.

    Pourquoi certains animaux recherchent-ils le soleil ?

    Fénonème ma petite chihuahua

    Il suffit d’observer un chat ou un chihuahua pour constater à quel point certains animaux apprécient la chaleur. Une tache de soleil apparaît sur le sol et, quelques minutes plus tard, il y a de fortes chances qu’un chat soit couché dedans !

    Le soleil et la chaleur peuvent tout simplement leur procurer une sensation agréable. La lumière naturelle participe également aux rythmes biologiques qui organisent l’alternance entre activité et repos.

    Mais ce qui me paraît surtout important, c’est que l’animal puisse choisir. Il peut rester quelque temps au soleil, puis aller chercher l’ombre. Revenir ensuite. Se coucher sur un carrelage frais. Puis retourner dehors.

    Tant qu’il dispose de ces différentes possibilités et qu’aucun signe inquiétant n’apparaît, pourquoi faudrait-il que nous décidions systématiquement à sa place du moment exact où il doit avoir chaud ou froid ?

    À force d’avoir peur, nous n’observons plus

    Je crois que derrière notre volonté de tout contrôler se cache souvent une bonne intention. Nous voulons éviter le danger, protéger.

    En fait, nous voulons bien faire.

    Alors nous anticipons.

    « Tu vas avoir trop chaud ou tu vas avoir froid. »

    « Va boire. »

    « Mets-toi à l’ombre. »

    « Ne reste pas là. »

    Et finalement, nous regardons parfois davantage ce qui pourrait arriver que l’animal qui se trouve réellement devant nous.

    Est-il haletant de façon anormale ? Cherche-t-il désespérément de l’ombre ? Montre-t-il un inconfort ? Ou est-il simplement couché tranquillement au soleil, parfaitement détendu, les yeux mi-clos ?

    Faire confiance à l’instinct de nos animaux, c’est aussi retrouver notre propre capacité d’observation. Regarder l’animal qui est devant nous plutôt que celui que notre inquiétude imagine.

    Et si nous faisions la même chose avec nous-mêmes ?

    Parce que, finalement, cette réflexion ne concerne pas seulement les animaux. Nous aussi, nous avons progressivement appris à nous méfier de nos sensations.

    Nous cherchons des règles pour tout. Quand manger, combien manger, combien dormir, combien marcher ou quand se reposer.

    Mais aussi, ce que nous devrions ressentir. Ce que nous devrions vouloir. Et nous finissons parfois par ne plus entendre ce que notre propre corps nous raconte.

    Peut-être avons-nous, nous aussi, besoin de retrouver cette capacité très simple que les animaux semblent avoir conservée : sentir ce qui est juste pour nous à cet instant.

    Avoir envie de bouger et bouger, avoir besoin de repos et se reposer.

    Chercher la compagnie lorsqu’elle nous fait du bien ou au contraire chercher la solitude lorsque nous en avons besoin.

    Profiter du soleil un moment… puis aller chercher l’ombre.

    Offrir des possibilités plutôt qu’imposer des solutions

    Plus j’observe les animaux, plus cette idée me semble importante.

    Notre rôle n’est peut-être pas de supprimer toutes les difficultés, toutes les sensations désagréables et tous les risques possibles. C’ est aussi de créer un environnement suffisamment sécurisant pour que l’animal puisse faire ses propres choix.

    Mettre de l’eau à disposition. Créer de l’ombre. Permettre l’accès à la fraîcheur. Observer. Et intervenir lorsqu’il le faut.

    Mais, le reste du temps, faire confiance à l’instinct de nos animaux.

    Et avec les humains ?

    Peut-être pourrions-nous parfois faire exactement la même chose. Accompagner. Proposer. Être présent. Mais ne pas systématiquement décider pour l’autre de ce qui est bon pour lui.

    Faire confiance au vivant

    Nous parlons beaucoup de reconnexion à la nature.

    Mais se reconnecter au vivant, ce n’est peut-être pas seulement marcher pieds nus dans l’herbe ou contempler un coucher de soleil.

    C’est aussi accepter que le vivant possède une intelligence qui ne passe pas toujours par notre raisonnement. Un cheval qui choisit le soleil du matin. Une chatte immobile sur une fenêtre, les yeux fermés. Un chien qui préfère, pour quelques instants encore, rester couché au soleil plutôt que rejoindre l’ombre que son humain lui propose.

    Et nous, au milieu de tout cela, qui pouvons apprendre à observer avant d’intervenir. À proposer avant d’imposer, à protéger sans tout contrôler.

    Et peut-être, peu à peu, à retrouver pour nous-mêmes cette confiance que nous avons parfois perdue.

    Faire confiance à l’instinct de nos animaux, c’est finalement faire un peu plus confiance au vivant.

    Et peut-être nous rappeler que nous en faisons partie, nous aussi.

  • Accompagner sans vouloir sauver : accepter ce qui ne dépend pas de nous

    Accompagner sans vouloir sauver, c’est une idée qui me parle de plus en plus. Parce que lorsque l’on a passé une partie de sa vie à vouloir aider, réparer, protéger, il n’est pas toujours facile d’accepter que tout ne dépend pas de nous.

    Il y a des prises de conscience qui arrivent presque par hasard.

    Une discussion, une phrase prononcée par quelqu’un, une expérience racontée… et soudain quelque chose résonne avec notre propre histoire.

    C’est ce qui m’est arrivé récemment, au cours d’un échange autour de l’accompagnement, de la maladie et de la fin de vie.

    Nous parlions de cette difficulté que l’on peut ressentir lorsque, malgré tout ce que l’on tente, malgré tous les soins, toute l’attention, toute l’énergie consacrée à quelqu’un, nous ne pouvons pas changer ce qui est en train d’arriver.

    Et une question m’est venue :

    Pourquoi avons-nous parfois tellement besoin de sauver ?

    Cette question m’a ramenée à moi.

    Et j’ai compris que cette posture de « sauveuse », je la connais finalement depuis très longtemps.

    Une sauveuse qui s’ignorait

    Enfant déjà, j’étais attirée par les animaux les plus fragiles émotionnellement.

    Lorsque des chiens étaient en pension, chez mes parents, ceux qui m’intéressaient particulièrement étaient souvent les plus craintifs, les plus sensibles, ceux qui avaient du mal à faire confiance.

    J’avais envie d’aller vers eux, de les rassurer, de leur montrer que l’être humain pouvait aussi être sécurisant, de les aider à dépasser leurs peurs. Évidemment, à l’époque, je ne me disais pas : « Je suis une sauveuse. »

    Je pensais simplement aimer les animaux et avoir envie d’aider ceux qui en avaient besoin.

    Et puis les années ont passé.

    Les animaux ont toujours été là, mais les humains sont entrés eux aussi dans cette mécanique.

    J’ai voulu aider. Réparer. Soutenir.

    Parfois comprendre les autres à leur place.

    J’ai même parfois essayé de sauver des personnes qui n’avaient aucune intention de se sauver elles-mêmes.

    Et j’ai longtemps cru que si je trouvais les bons mots, la bonne manière d’agir, suffisamment de patience ou suffisamment d’amour, quelque chose finirait nécessairement par changer.

    Aujourd’hui, je comprends que ce n’est pas aussi simple. Parce qu’il existe une chose que même la meilleure volonté du monde ne peut pas faire : vouloir à la place de quelqu’un.

    On ne peut pas sauver quelqu’un malgré lui

    Nous pouvons tendre une main, nous pouvons montrer une porte, proposer une solution, accompagner quelqu’un qui nous demande de l’aide.

    Mais nous ne pouvons pas obliger quelqu’un à saisir cette main.

    Nous ne pouvons pas le forcer à ouvrir la porte.

    Et nous ne pouvons surtout pas faire le chemin à sa place.

    C’est parfois extrêmement difficile à accepter lorsque l’on voit ce que l’autre pourrait changer.

    Nous pouvons nous dire :

    « Mais enfin, s’il faisait simplement ceci… »

    « Acceptait de regarder cela… »

    « S’il arrêtait ce comportement… »

    « Ou s’il prenait cette décision… »

    Peut-être.

    Mais il s’agit de son chemin. Pas du nôtre.

    Et cette personne a même le droit de prendre une décision que nous considérons comme mauvaise.

    Elle a le droit de ne pas être prête et a même le droit de recommencer plusieurs fois la même erreur.

    Cette personne a le droit de ne pas vouloir changer.

    Cela ne signifie pas que nous devons tout accepter ou rester à ses côtés quoi qu’il arrive. Nous avons, nous aussi, le droit de poser nos limites et de nous protéger.

    Mais nous devons peut-être apprendre à rendre à l’autre la responsabilité de sa propre vie.

    Quand aider devient vouloir contrôler l’issue

    Cette réflexion prend une autre dimension lorsque notre métier, nos connaissances ou simplement notre personnalité nous conduisent naturellement à accompagner les autres.

    Une idée peut alors s’installer presque à notre insu :

    Puisque je peux aider, je dois réussir.

    Et lorsque le résultat espéré n’arrive pas, nous commençons parfois à chercher ce que nous avons raté.

    Qu’est-ce que je n’ai pas vu ?

    Qu’aurais-je dû faire autrement ?

    Aurais-je dû essayer autre chose ?

    Est-ce que je n’en ai pas fait assez ?

    Et la culpabilité peut apparaître.

    Pourtant, il existe une différence immense entre faire tout ce qui est en notre pouvoir et être responsable du résultat.

    Nous pouvons chercher, accompagner, écouter, proposer, soutenir.

    Mais nous ne sommes pas les maîtres de l’histoire.

    Aider n’est pas décider de l’issue.

    Et lorsque l’on ne peut plus sauver ?

    C’est probablement face à la maladie grave et à la fin de vie que cette réalité devient la plus brutale.

    Parce que nous voudrions tellement empêcher ce qui arrive.

    Nous voudrions encore trouver quelque chose.

    Une solution.

    Un traitement.

    Un soin.

    Une possibilité à laquelle personne n’aurait pensé.

    Mais il existe des moments où sauver ne peut plus vouloir dire empêcher la mort. Cela ne signifie pas qu’il n’y a plus rien à faire.

    Au contraire. Il reste parfois l’essentiel. Être là.

    Écouter.

    Tenir une main.

    Apaiser.

    Respecter le silence.

    Soulager lorsque cela est possible.

    Dire ce qui doit encore être dit.

    Aimer.

    Et accompagner.

    Peut-être que notre rôle n’est alors plus de lutter contre ce qui est en train d’arriver, mais d’aider l’autre à traverser ce passage le plus paisiblement possible.

    Et accepter cela demande énormément d’humilité. Parce qu’il faut reconnaître les limites de notre pouvoir.

    Accepter ne signifie pas abandonner

    Il y a pourtant quelque chose qui me dérangerait profondément dans l’idée de « destin » si elle signifiait :

    « De toute façon, ce qui doit arriver arrivera, alors ne faisons rien. »

    Ce n’est absolument pas ainsi que je le ressens. Nous devons faire notre part.

    Si un animal est malade, nous le faisons soigner, si quelqu’un souffre et nous demande de l’aide, nous essayons de l’aider. Et si une solution existe, nous la cherchons.

    Nous utilisons les moyens dont nous disposons.

    Mais peut-être devons-nous apprendre à agir pleinement sans croire que nous pouvons tout contrôler.

    Il existe une différence immense entre :

    « Je ne fais rien puisque tout est écrit »

    et :

    « Je fais tout ce qui me semble juste, puis j’accepte que le résultat ne m’appartienne pas entièrement. »

    C’est peut-être cela, finalement, le lâcher-prise.

    Pas l’inaction.

    Mais l’acceptation de nos limites.

    De sauveuse à accompagnante : ce que Mirabelle m’a appris

    Et puis il y a eu Mirabelle ma minette.

    Avec le recul, je crois qu’elle m’a fait vivre très concrètement cette différence entre sauver et accompagner.

    Lorsqu’elle est arrivée à la fin de sa vie, la question de l’euthanasie s’est posée. La vétérinaire me l’avait proposée.

    Je n’ai pas voulu à ce moment-là.

    Non pas parce que je pensais pouvoir empêcher Mirabelle de mourir.

    Mais parce que je sentais que ce n’était pas encore ce que je voulais pour elle. Alors je l’ai ramenée avec moi.

    Et pendant quelques jours, je l’ai accompagnée.

    Je n’étais plus dans la recherche de la solution qui allait tout changer.

    Je n’étais plus en train d’essayer de gagner contre la mort.

    J’étais simplement là. Avec elle, à respecter son rythme, à veiller sur elle, à lui apporter le plus de confort possible. À lui permettre de rester dans son environnement, avec ses repères, les autres chats, les odeurs et les présences qu’elle connaissait.

    Puis Mirabelle est partie.

    Chez elle.

    Et je crois qu’elle m’a appris quelque chose que je n’avais pas encore vraiment mis en mots :

    il arrive un moment où aimer ne consiste plus à sauver, mais à accompagner.

    Accompagner ne signifie pas abandonner.

    Ce n’est pas détourner le regard en disant : « Je ne peux plus rien faire. »

    C’est continuer à être là, mais autrement, c’est accepter que notre rôle ait changé.

    Peut-être est-ce cela, passer de la sauveuse à l’accompagnante.

    Passer de :

    « Je vais trouver le moyen de te sauver »

    à :

    « Je vais faire tout ce qui est encore en mon pouvoir pour t’accompagner au mieux dans ce qui t’arrive. »

    Mirabelle m’a appris que je pouvais aimer profondément un être vivant sans pouvoir décider de son destin.

    Je pouvais marcher avec elle aussi loin que nous pouvions encore aller ensemble.

    Et lorsque je ne pouvais plus aller plus loin avec elle, il me restait encore une dernière chose à apprendre :

    accompagner sans retenir.

    Et si la mort n’était pas forcément une fin ?

    Cette expérience rejoint forcément quelque chose de beaucoup plus personnel : mon rapport à la mort.

    Je ne peux parler ici que de ma propre vision.

    Pour ma part, je ne ressens pas la mort comme une fin absolue.

    Je la vois davantage comme un passage.

    Je ne peux pas le prouver. C’est une conviction intime, nourrie par mon cheminement, mes expériences et ma spiritualité.

    Et cette vision change forcément ma manière de regarder la fin de vie.

    Si la mort est un passage plutôt qu’une disparition absolue, alors accompagner quelqu’un jusqu’à ce passage ne signifie pas avoir échoué à le sauver.

    Peut-être avons-nous simplement marché ensemble jusqu’à un endroit où nous ne pouvons plus aller plus loin avec lui.

    Et peut-être qu’à cet endroit précis, notre dernier geste d’amour consiste justement à accepter de ne plus retenir.

    À laisser partir.

    Non pas parce que nous aimons moins.

    Mais parce que nous acceptons que le chemin de l’autre continue d’une manière qui nous échappe.

    Faire notre part et laisser la vie faire la sienne

    Plus j’avance, plus je me demande si la véritable évolution de la « sauveuse » n’est finalement pas d’accepter cela.

    Je ne peux pas tout réparer, je ne peux pas empêcher toutes les souffrances.

    Je ne peux pas obliger quelqu’un à changer, je ne peux pas empêcher ceux que j’aime de mourir et ne peux pas non plus contrôler toutes les issues.

    Et, curieusement, reconnaître cela ne me donne pas envie d’aider moins, c’est peut-être même l’inverse.

    Cela me permet simplement d’aider autrement.

    Je peux être là, je peux aimer, je peux accompagner, transmettre ce que je sais, chercher des solutions lorsqu’elles existent.

    Je peux tendre une main et faire ma part du chemin.

    Mais je peux aussi apprendre à ne plus porter sur mes épaules ce qui ne m’appartient pas. À rendre à l’autre ce qui lui appartient.

    Et à rendre à la vie ce qui appartient à la vie.

    Peut-être est-ce cela que j’apprends aujourd’hui : accompagner sans m’approprier le destin de l’autre.

    Parce qu’aider n’est pas décider de l’issue, parce qu’aimer ne signifie pas retenir et qu’accepter n’est pas abandonner.

    Enfin, accompagner quelqu’un, humain ou animal, ce n’est peut-être pas le sauver mais c’est marcher à ses côtés aussi longtemps que cela est possible…

    puis accepter que son chemin ne nous appartienne pas.

  • Yin et yang : et si nos contradictions étaient notre équilibre ?

    Cet après-midi, j’ai regardé mes chats dormir. Ils étaient blottis l’un contre l’autre, complètement enroulés. L’un très sombre, l’autre beaucoup plus clair, leurs corps formant presque un cercle. En les regardant, une image m’est immédiatement venue à l’esprit : le yin et le yang.

    Cette image que nous connaissons tous, faite de noir et de blanc, de deux forces opposées qui semblent pourtant parfaitement s’emboîter.

    Et puis je me suis dit : finalement, cette image me ressemble plutôt bien. Parce que je suis faite de contradictions. Et peut-être que vous aussi ?

    Yin et yang : faut-il vraiment choisir ?

    Nous avons souvent appris qu’il fallait être cohérent.

    Savoir ce que l’on veut. Choisir une direction. Prendre une décision et s’y tenir. Tu veux partir ou rester ? Travailler ou te reposer ? Préparer demain ou profiter d’aujourd’hui ? Être raisonnable ou suivre ton intuition ?

    Comme si deux désirs contraires ne pouvaient pas exister en même temps.

    Pourtant, le principe du yin et du yang raconte justement autre chose. Ces deux forces ne sont pas ennemies. Elles sont différentes, parfois opposées, mais elles se complètent. Et surtout, chacune porte en elle une petite part de l’autre.

    Alors pourquoi n’en serait-il pas de même pour nous ?

    Je suis pressée… et pourtant je vais lentement

    C’est probablement l’une de mes contradictions les plus évidentes.

    Je suis souvent pressée.

    Quand j’ai une idée, j’ai envie qu’elle existe tout de suite. Quand j’entrevois un nouveau chemin, j’aimerais déjà savoir où il va me conduire. Quand je construis un projet, une partie de moi voudrait être arrivée avant même d’avoir commencé. Et pourtant…

    Je peux prendre mon temps. Beaucoup de temps.

    J’avance, je réfléchis, je change quelque chose, je reviens dessus. Je fais un pas, puis j’observe. Parfois je m’arrête. Parfois je prends un autre chemin. J’ai envie d’aller vite, mais mon chemin me demande souvent d’aller lentement.

    Pendant longtemps, j’aurais peut-être considéré cela comme un défaut. Aujourd’hui, je me demande si ce n’est pas simplement mon yin et mon yang.

    J’ai besoin de liberté… mais aussi d’un cadre

    La liberté est essentielle pour moi. Pouvoir choisir. Organiser mon temps. Créer. Écrire. Explorer de nouvelles voies. Suivre une intuition lorsqu’elle se présente.

    Et pourtant, je sais aussi que lorsque rien ne m’oblige à faire quelque chose, je peux très facilement remettre au lendemain.

    J’ai donc besoin de liberté… et de quelques contraintes.

    Cela pourrait sembler contradictoire. Ça ne l’est peut-être pas.

    Le cadre n’est pas forcément l’ennemi de la liberté. Il peut même parfois lui permettre d’exister. Un peu comme les deux parties du yin et du yang : l’une vient équilibrer l’autre.

    J’ai envie d’ailleurs… et je suis profondément attachée à ce qui m’entoure

    J’aime profondément mes animaux, ma maison, mon environnement, tout ce petit monde vivant qui m’entoure et nourrit une grande partie de ce que j’écris.

    Et pourtant, il existe en moi une envie d’ailleurs.

    Voyager. Découvrir. Partir. Rencontrer d’autres personnes, d’autres paysages, peut-être même un jour emmener mes livres, mes conférences ou mes pratiques beaucoup plus loin.

    Alors, suis-je quelqu’un qui aime profondément rester chez elle ou quelqu’un qui rêve de partir ?

    Les deux. Pourquoi faudrait-il choisir ? On peut avoir des racines et rêver d’ailes.

    J’aime la tranquillité… et j’ai toujours une nouvelle idée

    Voilà encore un paradoxe qui me ressemble. J’aspire à la paix, au calme, à une vie plus tranquille.

    Et puis mon esprit décide soudain qu’il serait formidable d’écrire un nouveau livre, de créer un cercle chamanique, de préparer une conférence, de développer un nouveau projet ou d’explorer une idée qui vient juste de surgir.

    Je veux le calme… mais visiblement pas trop !

    Et finalement, peut-être que ma tranquillité n’est pas l’absence de mouvement. Peut-être est-ce plutôt la possibilité de choisir mes mouvements. Créer lorsque j’en ai envie. M’arrêter lorsque j’en ai besoin.

    Préparer demain sans oublier de vivre aujourd’hui

    C’est probablement l’un des équilibres les plus difficiles à trouver.

    Nous avons besoin de préparer demain. Faire des projets, anticiper, construire, semer des graines dont certaines ne germeront peut-être que beaucoup plus tard. Mais à force de regarder ce que ces graines deviendront demain, nous pouvons oublier de regarder ce qui pousse déjà aujourd’hui.

    Les animaux me le rappellent souvent. Ils ne semblent pas passer leur journée à se demander ce qui se produira la semaine prochaine.

    Ils vivent ce qui est là, une place confortable, un rayon de soleil, une gamelle, une présence rassurante, un autre chat contre lequel s’endormir.

    Et pourtant, nous autres humains avons aussi cette formidable capacité à imaginer demain. Alors là encore, peut-être ne s’agit-il pas de choisir.

    Préparer demain et habiter aujourd’hui.

    Le yin et le yang.

    Et si nous arrêtions de vouloir résoudre nos contradictions ?

    Peut-être que certaines de nos contradictions n’ont pas besoin d’être corrigées, peut-être avons-nous simplement besoin de les reconnaître.

    Je peux être impatiente et avancer lentement, avoir besoin de liberté et de cadre, aimer profondément mon chez-moi et rêver d’ailleurs, rechercher la tranquillité et avoir mille projets.

    Je peux être rationnelle à certains moments et profondément intuitive à d’autres, vouloir construire demain tout en apprenant à vivre aujourd’hui.

    L’un n’annule pas l’autre.

    L’un équilibre peut-être l’autre.

    La leçon de mes chats

    Pendant que toutes ces pensées me traversaient, mes chats, eux, continuaient simplement à dormir.

    Le clair contre le sombre. Le sombre contre le clair.

    Entremêlés au point qu’il devenait presque difficile de savoir où commençait l’un et où finissait l’autre.

    Personne ne cherchait à devenir semblable à l’autre. Chacun gardait sa couleur, sa personnalité, sa place. Et pourtant, ensemble, ils formaient quelque chose d’étonnamment harmonieux.

    Alors je me suis demandé si le véritable équilibre ne ressemblait pas un peu à cela.

    Non pas choisir définitivement entre les différentes parts de nous-mêmes.

    Non pas faire disparaître nos contradictions.

    Mais apprendre à les connaître, à les accepter et, peut-être, à les laisser doucement s’enrouler les unes autour des autres.

    Comme le yin et le yang.

    Comme mes chats cet après-midi.

  • Semer des graines : Vivre aujourd’hui tout en préparant demain

    Vivre aujourd’hui tout en préparant demain n’est pas toujours facile. Pendant longtemps, j’ai cru qu’il fallait choisir entre profiter de l’instant présent ou construire l’avenir. Pourtant, un message reçu dans un rêve m’a montré qu’il était possible de faire les deux. En cette période de canicule, où j’ai moins de rendez-vous, je découvre que ce temps plus calme est peut-être une invitation à semer les graines de demain, sans cesser de vivre pleinement aujourd’hui.y a quelques mois encore, j’aurais probablement vécu cette période avec beaucoup d’inquiétude.

    Mais aujourd’hui, entre deux consultations, je ne reste pas à attendre que le téléphone sonne. J’écris les articles de ce blog, je prépare Pinterest, j’avance sur mon livre consacré aux rêves, je développe l’Oracle des oiseaux et je construis les prochaines formations.

    Autrement dit, je sème.

    Un message reçu dans un rêve

    Il y a quelque temps, un rêve m’a laissé une phrase très simple :

    « Vivre aujourd’hui tout en préparant demain. »

    Au réveil, je l’ai trouvée belle.

    Aujourd’hui, je comprends qu’elle est devenue une façon de vivre.

    Préparer demain ne signifie pas s’inquiéter pour demain.

    Cela signifie poser chaque jour une pierre, écrire une page, publier un article, apprendre quelque chose de nouveau, faire un pas, même petit.

    Puis revenir pleinement à l’instant présent.

    Je crois que la nature fonctionne exactement ainsi.

    Les animaux connaissent le temps des semailles

    Lorsque j’observe les animaux qui m’entourent, je ne les vois jamais lutter contre le rythme des saisons.

    Les oiseaux construisent leur nid avant l’arrivée des petits.

    Les écureuils préparent leurs réserves.

    Les arbres développent d’abord leurs racines avant de montrer leurs feuille

    La nature nous enseigne qu’il existe un temps pour semer, un temps pour grandir et un temps pour récolter.

    Elle ne cherche jamais à brûler les étapes.

    Peut-être avons-nous, nous les humains, un peu oublié cette sagesse.

    Une autre image qui m’accompagne

    Lors d’un voyage chamanique, j’ai reçu une image qui ne m’a jamais quittée.

    Mon guide me montrait que ma mission était de semer des graines.

    À l’époque, je ne savais pas exactement ce que cela signifiait.

    Aujourd’hui, tout semble prendre sa place.

    Chaque article que j’écris, chaque personne que j’accompagne, chaque rêve que je partage, chaque livre que je prépare, chaque échange sincère. Tout cela est une graine.

    Je ne sais pas laquelle germera demain, dans un mois ou dans plusieurs années. Et finalement, je n’ai pas besoin de le savoir.

    Mon rôle est simplement de semer.

    Tu n’es pas seule

    Un autre rêve m’a offert une phrase qui me revient souvent lorsque le doute essaie de reprendre sa place :

    « Tu n’es pas seule. »

    Je crois que ce message dépasse largement ma propre histoire.

    Nous avançons tous grâce aux rencontres, aux animaux qui croisent notre route, aux personnes qui nous soutiennent, à celles qui lisent nos mots, à celles qui nous inspirent sans même le savoir.

    Même lorsque le chemin paraît solitaire, nous faisons partie d’un ensemble beaucoup plus vaste.

    Faire confiance au temps

    Pendant longtemps, je pensais qu’il fallait courir pour réussir. Aujourd’hui, j’apprends une autre manière de vivre. Semer avec confiance. Continuer à avancer. Accueillir le calme lorsqu’il se présente au lieu de le craindre. Préparer demain sans oublier de vivre aujourd’hui. Et laisser le temps faire son œuvre.

    Après tout, une graine ne devient pas un arbre parce qu’on la regarde pousser. Elle grandit parce que les conditions sont réunies, au moment juste.

    Peut-être en est-il de même pour nos projets… et pour nous-mêmes.

  • La mante religieuse : hasard ou synchronicité ?

    Hier matin, en ouvrant les volets, j’ai découvert une mante religieuse posée sur la porte-fenêtre de la maison.

    Je me suis arrêtée quelques instants pour l’observer. Sa silhouette si particulière, son immobilité, son regard presque mystérieux… Puis j’ai repris le cours de ma journée, en pensant qu’elle repartirait rapidement.

    Pourtant, ce matin, elle était toujours là.

    Sa présence m’a interpellée.

    La veille de cette rencontre, j’avais fait un rêve qui m’avait profondément marquée.

    J’y voyais un petit oiseau au plumage brun, avec une tache rouge au niveau du cœur. Cette tache ressemblait à une cible. Cet oiseau ne volait pas au hasard : il avançait avec une détermination incroyable, comme s’il savait exactement où il allait. Dans mon rêve, je racontais cette rencontre à des amis, avec la sensation que cet oiseau venait me rappeler quelque chose d’essentiel : me rassembler, cesser de disperser mon énergie et avancer avec justesse.

    Au réveil, ce rêve était encore très présent.

    Et quelques heures plus tard, cette mante religieuse apparaissait devant ma porte.

    Alors, hasard ou synchronicité ?

    Je n’en sais rien.

    avant, pendant longtemps, j’aurais cherché une réponse.

    Aujourd’hui, je préfère accueillir la question.

    Depuis que je m’intéresse davantage aux pratiques chamaniques, aux rêves et à l’observation du vivant, je remarque que certains animaux semblent apparaître à des moments particuliers de ma vie.

    Est-ce parce qu’ils viennent réellement nous transmettre un message ?

    Ou simplement parce que je suis devenue plus attentive à ce qui m’entoure ?

    Finalement, je crois que la réponse importe moins que ce que cette rencontre fait naître en moi.

    La mante religieuse est un animal fascinant, elle ne s’agite pas, elle observe, elle attend et semble entièrement présente à l’instant qu’elle est en train de vivre.

    Puis, lorsque le moment est venu, elle agit avec une précision remarquable.

    En la regardant, je me suis demandé si ce n’était pas exactement ce que la vie essayait de m’apprendre depuis quelque temps.

    Pendant des années, j’ai voulu tout mener de front : mon métier auprès des animaux, mes mandats d’élue, l’association, l’écriture, les formations, les nouveaux projets…

    J’aimais tout cela. Mais je me dispersais aussi beaucoup.

    Depuis plusieurs mois, je sens qu’un changement s’opère.

    Les choses deviennent plus simples.

    Je ressens moins le besoin de courir après tout.

    J’apprends à faire confiance au bon moment, à laisser certaines portes s’ouvrir naturellement, sans vouloir les forcer.

    Cette mante religieuse est peut-être simplement venue me rappeler cela.

    Ou peut-être est-ce moi qui donne du sens à cette rencontre.

    Et au fond, cela n’a pas tellement d’importance.

    Car ce qui me touche, ce n’est pas de savoir si cet insecte est porteur d’un message universel.

    C’est qu’il m’a obligée à m’arrêter.

    À prendre quelques minutes pour observer, à écouter ce qui se passait en moi.

    Les animaux vivent dans le présent. Ils ne cherchent pas forcément à expliquer ce qu’ils rencontrent. Ils vivent pleinement chaque instant.

    Peut-être avons-nous, nous aussi, quelque chose à apprendre de cette simplicité.

    Je ne prétends pas détenir une vérité, je partage simplement une expérience.

    Une rencontre qui m’a invitée à ralentir.

    À faire confiance au chemin qui se dessine peu à peu.

    Et à me rappeler que, parfois, le vivant nous parle… non pas avec des mots, mais avec une présence qui résonne exactement au bon moment.

    Et vous…

    Avez-vous déjà vécu une rencontre avec un animal qui vous a profondément marqué, sans que vous puissiez vraiment expliquer pourquoi ?

  • Chien de protection : quand ma chienne Jade, akita américain, a choisi de protéger mes poules

    Il y a quelques jours, j’ai retrouvé l’un de mes coqs mort. C’est cette attaque qui m’a amenée à réfléchir au rôle qu’un chien de protection pouvait jouer auprès de mes poules.

    Pour beaucoup, ce n’est « que la nature ». Pourtant, lorsqu’on élève des animaux, chacun d’eux compte. On les nourrit, on veille sur eux, on les connaît. Alors forcément, cela touche.

    Chez moi, en Dordogne, les renards sont nombreux. C’est précisément pour cette raison que mes poules et mes coqs vivent dans un grand parc entièrement clôturé, avec un grillage de plus d’un mètre cinquante de hauteur. J’avais fait ce choix pour leur offrir une vie la plus libre possible… tout en les protégeant.

    Malgré cela, le renard a trouvé une faille.

    Le lendemain, il est revenu. Cette fois, un autre de mes coqs était vivant… mais sans sa queue. Il avait échappé de peu à une nouvelle attaque. Au-delà de la perte d’un coq, c’est tout un équilibre du vivant qui me touche. Depuis quelque temps, j’ose parler davantage de ma pratique du chamanisme. Elle a changé mon regard sur les animaux. Je ne les considère plus seulement comme des êtres à protéger ou à soigner, mais comme des compagnons de vie qui participent, chacun à leur manière, au grand équilibre du vivant. La mort de ce coq m’a profondément touchée. Non pas parce qu’il avait une valeur matérielle, mais parce qu’une présence s’était éteinte. C’est sans doute pour cela que j’ai aussitôt cherché une solution qui protège les autres, avec l’aide de Jade. J’avais le sentiment de devoir rétablir cet équilibre plutôt que de laisser la peur ou la colère décider à ma place.

    À ce moment-là, une évidence s’est imposée.

    Un chien de protection peut parfois être la meilleure solution

    Je savais que je ne pouvais pas simplement espérer que le renard ne revienne plus.

    Je pouvais passer mon temps à être en colère, regretter la situation ou attendre qu’une solution extérieure arrive.

    Ou bien… m’adapter.

    J’ai alors pensé à Jade, mon akita américain.

    Beaucoup imaginent encore que les akitas sont uniquement des chiens indépendants ou réservés. C’est oublier une qualité essentielle : lorsqu’ils créent un lien avec leur famille, ils développent souvent un formidable instinct de protection.

    Jade est une chienne extrêmement stable. Elle n’a jamais manifesté la moindre agressivité envers les poules ou les coqs. Elle les connaît depuis longtemps.

    Je lui ai donc installé un coin confortable dans le grand poulailler : son tapis, de l’ombre, de l’eau et tout ce dont elle avait besoin.

    Depuis, elle assure naturellement une présence dissuasive.

    Les animaux nous montrent l’art de l’adaptation

    Ce qui m’a frappée dans cette histoire, ce n’est pas seulement le rôle de Jade.

    C’est la rapidité avec laquelle une nouvelle organisation s’est mise en place.

    Le renard suit son instinct de survie.

    Mes poules continuent leur vie.

    Jade a accepté sa nouvelle mission avec un calme étonnant.

    Et moi, j’ai simplement cherché une solution différente.

    Nous passons parfois énormément d’énergie à lutter contre ce qui est déjà arrivé.

    Les animaux, eux, nous rappellent qu’une fois le danger identifié, l’essentiel est souvent de trouver la meilleure façon d’y répondre.

    Sans dramatiser.

    Sans rester bloqué.

    En avançant.

    Faire confiance aux capacités de chacun

    Bien sûr, tous les chiens ne peuvent pas devenir un chien de protection.

    Cela dépend de leur tempérament, de leur éducation, de leur relation avec les animaux à protéger et des apprentissages réalisés progressivement.

    Jade n’est pas devenue protectrice du jour au lendemain. C’est le résultat de la confiance construite au fil des années.

    Aujourd’hui, elle veille tranquillement sur son petit monde.

    Et je retrouve une certaine sérénité.

    Ce que cette histoire m’a appris

    Cette expérience m’a rappelé une chose essentielle.

    Dans la vie, il y aura toujours des imprévus. Des renards, au sens propre… comme au sens figuré.

    Nous ne contrôlons pas tout.

    En revanche, nous pouvons choisir notre manière de répondre aux événements.

    Les animaux excellent dans cet art de l’adaptation.

    Ils utilisent leurs compétences, leurs forces, leurs instincts.

    Peut-être est-ce là l’une de leurs plus belles leçons : face aux difficultés, chercher la solution plutôt que rester prisonnier du problème.

    Et parfois, cette solution dort tranquillement à quelques mètres de nous… sur un tapis, prête à veiller sur ceux qu’elle aime.

  • Oser parler du chamanisme, sortir de l’ombre.

    Il y a des choses que nous faisons depuis longtemps, mais dont nous parlons peu.

    Des pratiques qui font partie de notre vie, des expériences qui nous ont transformés. Des chemins que nous avons empruntés presque naturellement, sans ressentir le besoin de les montrer.

    Et parfois, un jour, une question apparaît :

    Pourquoi est-ce que je cache encore cette partie de moi ?

    Aujourd’hui, je comprends que, pour moi, oser parler du chamanisme est peut-être devenu une étape nécessaire.

    Depuis plusieurs années, j’accompagne des personnes de différentes façons. Je travaille avec les animaux et leurs humains, je pratique les soins énergétiques. Je transmets des outils autour des émotions, de la connaissance de soi et de la transformation personnelle. J’organise des formations, des ateliers et des rencontres.

    Et je pratique également le chamanisme.

    Pourtant, il existe une différence importante.

    J’ai communiqué sur presque tout ce que je fais.

    Mais très peu sur le chamanisme.

    Oser parler du chamanisme quand on a longtemps choisi la discrétion

    Les personnes qui ont participé à mes cercles ou à mes voyages chamaniques sont venues principalement par le bouche-à-oreille.

    Une personne en parlait à une autre.

    Quelqu’un venait vivre une expérience, puis revenait parfois accompagné.

    Les groupes se formaient ainsi, naturellement.

    Et cela me convenait.

    Je n’avais pas besoin d’expliquer, pas besoin de me montrer.

    Je n’avais surtout pas besoin de m’exposer au regard de ceux qui ne comprennent pas cette pratique.

    Car oser parler du chamanisme, c’est aussi accepter de parler d’une réalité qui ne correspond pas aux repères de tout le monde.

    Les mondes chamaniques,les animaux de pouvoir, les guides.

    Les voyages au son du tambour, les symboles reçus pendant les voyages. Les expériences que l’on ne peut pas toujours expliquer avec des mots.

    Pendant longtemps, j’ai préféré garder cette partie de mon travail dans un espace presque protégé.

    Mais aujourd’hui, je me demande si cette discrétion n’est pas devenue une manière de me cacher.

    Nous pouvons être visibles sans être entièrement nous-mêmes

    On peut avoir un site internet. Écrire des articles.

    Publier sur les réseaux sociaux.

    Donner des conférences.

    Animer des formations.

    Accompagner des personnes.

    Et pourtant, rester invisible sur une partie essentielle de soi.

    C’est une chose étrange.

    Parce que nous avons alors l’impression de nous montrer.

    Mais nous ne montrons que ce que nous pensons acceptable, compréhensible ou suffisamment rassurant pour les autres.

    Nous choisissons les morceaux de nous-mêmes que nous sommes prêts à exposer.

    Et nous gardons les autres derrière une porte, par peur d’être jugés.

    Par peur d’être enfermés dans une étiquette.

    Mais aussi, par peur que certaines personnes ne comprennent pas.

    Ou simplement parce que nous ne savons pas encore comment en parler.

    Je crois que c’est ce qui m’est arrivé avec le chamanisme.

    Le théâtre de mes rêves

    Il y a quelque temps, j’ai rêvé d’un théâtre.

    Des personnes étaient allongées devant moi.

    Sur le moment, cette image pouvait sembler étrange.

    Mais en y repensant, elle m’a rappelé les cercles chamaniques.

    Lors d’un voyage au tambour, les participants sont souvent allongés.

    Ils ne dorment pas, ils voyagent.

    Chacun entre dans son propre espace intérieur, guidé par le rythme du tambour et par une intention.

    Et moi, je suis là, je tiens l’espace.

    J’accompagne, je veille.

    Cette image du théâtre m’a alors posé une question.

    Et si ce que je dois davantage montrer aujourd’hui n’était pas quelque chose de nouveau à inventer ?

    Et si c’était simplement une pratique que je connais déjà, que je transmets déjà, mais que je n’ai jamais vraiment osé rendre visible ?

    Nous cherchons parfois très loin ce qui est déjà là

    Nous avons souvent tendance à croire que notre avenir dépend de quelque chose que nous devons encore trouver.

    Une nouvelle formation, une nouvelle idée.

    Une nouvelle activité, un nouveau projet.

    Nous cherchons, nous réfléchissons, nous préparons.

    Nous attendons le bon moment.

    Alors que parfois, une partie de la réponse existe déjà.

    Elle est simplement restée dans l’ombre.

    Je pratique le chamanisme.

    J’organise des voyages chamaniques.

    Je crée des cercles.

    J’accompagne des personnes dans les trois mondes chamaniques : le monde d’en bas, le monde du milieu et le monde d’en haut.

    Je vois ce que ces expériences peuvent provoquer.

    Des prises de conscience, des émotions.

    Des rencontres symboliques puissantes, des messages que certaines personnes gardent longtemps en elles.

    Pourquoi, alors, continuer à ne presque pas en parler ?

    Oser parler du chamanisme ne signifie pas chercher à convaincre

    C’est peut-être l’une des choses les plus importantes pour moi.

    Je n’ai aucune envie de convaincre qui que ce soit.

    Je ne souhaite pas démontrer que les mondes chamaniques existent, je ne souhaite pas expliquer aux autres ce qu’ils doivent croire.

    Le chamanisme est une expérience.

    On peut l’aborder comme une pratique spirituelle, comme un voyage symbolique.

    Comme une rencontre avec son inconscient ou encore comme une autre manière d’écouter ce qui se passe en soi.

    Chacun est libre de mettre les mots qu’il souhaite sur ce qu’il vit.

    Cette liberté est essentielle.

    Mon rôle n’est pas de dire aux personnes ce qu’elles doivent voir.

    Encore moins ce qu’elles doivent comprendre.

    Mon rôle est d’ouvrir un espace, de proposer une intention.

    De faire résonner le tambour pour accompagner le voyage.

    Puis de permettre à chacun de revenir avec ce qu’il a rencontré.

    Un animal.

    Un guide.

    Une image.

    Un mot.

    Un objet symbolique.

    Une émotion.

    Ou parfois simplement une sensation de paix.

    Retrouver le rythme des saisons

    Je réfléchis aujourd’hui à proposer davantage de cercles chamaniques au cours de l’année.

    Pas toutes les semaines, pas dans une logique de consommation ou d’accumulation.

    J’aimerais qu’ils restent des rendez-vous particuliers.

    Des moments que l’on attend.

    Des passages.

    Les équinoxes pourraient devenir des temps de transformation.

    Les solstices, des moments pour célébrer la lumière ou traverser l’obscurité.

    Une pleine lune pourrait nous inviter à regarder ce qui arrive à maturité.

    Une nouvelle lune, à écouter ce qui cherche à naître.

    Quelques rendez-vous dans l’année.

    Des temps forts.

    Des cercles dans lesquels nous prenons le temps de nous arrêter, d’écouter, de voyager et de revenir à nous-mêmes.

    Je crois que c’est ainsi que j’ai envie de transmettre le chamanisme.

    Peut-être que certaines portes ne s’ouvrent que lorsque nous acceptons d’être vus

    Pendant longtemps, j’ai cru que le bouche-à-oreille suffisait.

    Et il a suffi.

    Il m’a permis de rencontrer des personnes.

    D’organiser des cercles.

    De transmettre.

    Mais il existe peut-être une différence entre attendre que les personnes nous trouvent et accepter de leur montrer le chemin jusqu’à nous.

    Écrire sur le chamanisme ne signifie pas devenir quelqu’un d’autre.

    Communiquer sur mes cercles ne signifie pas renier le reste de mon travail.

    Bien au contraire.

    Lorsque je regarde mon parcours, je vois aujourd’hui une continuité.

    Les animaux.

    L’observation.

    L’écoute de ce qui ne se dit pas avec des mots.

    L’énergie.

    Les émotions.

    Les rêves.

    Les symboles.

    Les transformations.

    Le chamanisme n’est pas une activité isolée au milieu de tout cela.

    Il fait partie du même chemin.

    Ce que nous cachons est parfois précisément ce que nous sommes venus transmettre

    Nous passons parfois des années à chercher notre place.

    À essayer de comprendre ce que nous devons faire, à construire des projets, à nous former, à attendre d’être prêts.

    Et puis un jour, nous découvrons que la question n’était peut-être pas :

    « Que dois-je encore apprendre ? »

    Mais plutôt :

    « Qu’est-ce que je connais déjà et que je n’ose pas encore montrer ? »

    Aujourd’hui, oser parler du chamanisme signifie pour moi accepter d’ouvrir davantage cette porte.

    Parler des voyages chamaniques.

    Des trois mondes, des animaux de pouvoir, des guides, des symboles, des passages.

    De ce que nous pouvons rencontrer lorsque nous acceptons, pendant quelques instants, de faire silence et d’écouter autrement.

    Je ne sais pas exactement où cette nouvelle étape va me conduire.

    Mais je sais qu’il arrive un moment où rester caché demande davantage d’énergie que d’oser être vu.

    Et peut-être que certaines personnes attendent simplement que nous osions parler pour découvrir qu’elles cherchaient, elles aussi, cette porte.

    Et vous, existe-t-il une partie de vous, une passion, une pratique ou un rêve que vous gardez encore dans l’ombre par peur du regard des autres ?

  • Canicule : ce que les animaux nous apprennent sur notre énergie

    Le repos quel plaisir !

    Depuis plusieurs jours, la chaleur est écrasante.Comme beaucoup d’entre vous, je regarde mes animaux s’adapter à cette canicule. Et, une fois de plus, ils me donnent une belle leçon de vie.

    Mes chiens mangent tôt le matin, quand la fraîcheur est encore présente. Ensuite, ils s’installent à l’ombre, s’allongent sur le carrelage ou profitent de l’air du ventilateur. Mes chats font exactement la même chose. Ils dorment, économisent leurs forces, attendent que la température redescende.

    La nuit, lorsque l’air redevient respirable, les fenêtres restent ouvertes. C’est alors qu’ils retrouvent leur énergie. Ils jouent, explorent, mangent, vivent tout simplement,ils ne passent pas leur journée à lutter contre la chaleur.

    Ils s’y adaptent.

    Pendant ce temps, combien d’humains continuent à courir, à faire du vélo ou à entreprendre des efforts importants en pleine après-midi de canicule ? Ma cousine travaille aux urgences et, comme beaucoup de soignants en cette période, elle voit arriver des personnes victimes de coups de chaleur. Pourtant, depuis plusieurs jours, les recommandations sont les mêmes : boire régulièrement, rester au frais, éviter les efforts physiques pendant les heures les plus chaudes.

    Pourquoi avons-nous tant de mal à écouter notre corps ?

    J’ai l’impression que nous avons parfois intégré l’idée qu’il faudrait continuer coûte que coûte. Être performant. Ne rien changer à nos habitudes, comme si nous devions montrer que nous sommes plus forts que les circonstances.

    Les animaux ne cherchent pas à être plus forts que la nature.

    Ils vivent avec elle.

    Vivre le présent sans oublier demain

    Ils savent que dépenser inutilement leur énergie aujourd’hui, c’est peut-être en manquer demain.

    Cette façon de faire me rappelle une phrase qui m’accompagne depuis quelque temps et qui m’est venue dans un rêve : vivre maintenant et préparer l’avenir.

    Préparer l’avenir, ce n’est pas s’épuiser aujourd’hui.

    C’est savoir utiliser son énergie avec discernement.

    Donc lorsque la vie impose un ralentissement, il est parfois plus sage de ralentir réellement plutôt que de lutter contre ce qui nous dépasse.

    La canicule en est un bon exemple, mais cette réflexion dépasse largement la météo.

    En effet, dans les périodes difficiles de notre existence, nous continuons parfois à vouloir tout porter en même temps : travailler davantage, régler tous les problèmes, aider tout le monde, avancer coûte que coûte.

    Canicule : les animaux savent économiser leur énergie

    Et si nous faisions comme les animaux ?

    Et si nous acceptions que certains moments soient faits pour agir, et d’autres pour récupérer ?

    Se reposer n’est pas abandonner.

    Attendre le bon moment n’est pas renoncer.

    Économiser son énergie n’est pas de la faiblesse.

    C’est souvent une preuve de sagesse.

    Les animaux nous rappellent chaque jour que la vie n’est pas une course permanente.

    Elle est faite de rythmes.

    De périodes d’action.

    De périodes de repos.

    En conclusion, peut-être que le véritable équilibre consiste simplement à apprendre, nous aussi, à respecter ces rythmes, au lieu de vouloir les combattre.

    J’ai choisi d’y croire.

  • Respecter la nature de l’autre : la leçon des villages, des animaux et des relations humaines

    Mes coqs, en grande réflexion sur les humains

    Respecter la nature de l’autre est sans doute l’un des plus grands défis de nos relations. Avec nos animaux, nos proches ou même les habitants d’un village, nous avons souvent tendance à vouloir modifier ce qui nous dérange au lieu d’apprendre à comprendre ce qui est différent de nous.

    Il est tôt ce matin.

    Les oiseaux chantent. Un coq lance son appel au loin. Une voiture passe sur la route. Dans quelques minutes, les cloches de l’église sonneront l’heure.

    Je suis assise dehors avec mon chocolat, à écouter la vie.

    Et je repense à une réflexion qui me revient souvent lorsque j’entends parler des conflits entre anciens habitants et néoruraux.

    Certaines personnes arrivent dans un village parce qu’elles recherchent le calme, la nature, l’authenticité. Puis, quelques mois plus tard, elles découvrent que le coq chante à l’aube, que les cloches sonnent plusieurs fois par jour, que les tracteurs travaillent pendant les récoltes et que les chiens du voisin aboient parfois lorsqu’un promeneur passe devant leur portail.

    Alors commencent les plaintes.

    Le coq, les cloches dérangent.

    Les tracteurs dérangent, en somme même le village dérange.

    Pourtant, aucun de ces éléments n’est nouveau.

    Les cloches sonnaient avant leur arrivée, le coq chantait, les habitants vivaient ainsi avant leur arrivée.

    Et cette réflexion m’a conduite bien au-delà de la simple vie à la campagne.

    Car je crois que nous faisons souvent la même chose dans nos relations avec les autres.

    Vouloir changer ce qui existait avant nous

    Lorsque nous arrivons dans un nouvel endroit, nous aimerions parfois que cet endroit s’adapte à nous.

    Lorsque nous rencontrons une nouvelle personne, nous aimerions parfois qu’elle corresponde exactement à l’image que nous avons construite dans notre esprit.

    Au début d’une relation, tout semble simple.

    Nous voyons surtout les qualités, nous admirons ce qui rend l’autre unique.

    Puis le temps passe.

    Ce qui nous séduisait hier devient parfois ce qui nous agace aujourd’hui.

    L’indépendance devient de la distance.

    La spontanéité devient de l’imprévisibilité.

    Le besoin de liberté devient un manque d’engagement.

    Alors, au lieu de nous adapter à la réalité de l’autre, nous essayons parfois de le transformer pour qu’il corresponde à notre vision.

    La même erreur avec les animaux

    Dans mon métier de comportementaliste animalier, j’observe souvent ce phénomène.

    Une famille choisit un chien de travail particulièrement dynamique.

    Puis elle souhaiterait qu’il reste calme toute la journée dans un jardin.

    Une personne adopte un chat indépendant, alors qu’ elle aimerait qu’il réclame des câlins à chaque instant.

    Un chien aboie pour signaler une présence.

    Le chat grimpe sur les meubles pour observer son territoire.

    Un cheval exprime ses émotions avec toute sa sensibilité.

    Et parfois, l’humain s’étonne que l’animal se comporte comme… un animal.

    Bien sûr, l’éducation est nécessaire.

    Bien sûr, la vie en société implique certaines règles.

    Mais il existe une différence fondamentale entre accompagner un être vivant et vouloir le remodeler entièrement.

    Plus nous luttons contre sa nature profonde, plus la relation devient difficile.

    Le monde n’est pas obligé de nous ressembler

    Je crois que nous avons progressivement oublié quelque chose d’essentiel.

    Pendant des milliers d’années, les humains savaient qu’ils entraient dans un monde qui existait avant eux.

    Quand ils arrivaient dans une vallée, ils observaient le vent.

    Quand ils rejoignaient une communauté, ils observaient ses usages.

    Quand ils approchaient un animal, ils apprenaient son langage.

    Aujourd’hui, nous avons parfois tendance à faire l’inverse.

    Nous arrivons quelque part avec nos attentes, nos habitudes, nos certitudes.

    Puis nous demandons au lieu, à l’animal ou à la personne de s’adapter à nous.

    Comme si le problème venait toujours de ce qui est différent.

    Pourtant, le vivant nous enseigne chaque jour une autre voie.

    La voie de l’observation, de la compréhension.

    La voie de l’adaptation réciproque.

    Et si la paix commençait là ?

    Tranquile le bien nommé
    Tranquille le bien nommé !

    Je ne crois pas que la paix naisse lorsque tout devient conforme à nos désirs.

    Je crois qu’elle apparaît lorsque nous cessons de lutter contre ce qui est.

    Cela ne signifie pas tout accepter sans discernement.

    Cela signifie reconnaître la réalité avant de vouloir la modifier.

    Le coq chante.

    Les cloches sonnent.

    Des chiens aboient.

    Les chats restent parfois mystérieux.

    Les humains ont leurs qualités, leurs blessures et leurs imperfections.

    Et peut-être qu’avant de chercher à changer le monde, nous pouvons nous demander :

     » Qu’est-ce que cette situation essaie de m’apprendre sur

    moi-même ? « 

     » Que puis-je changer en moi ? »

    Peut-être que la véritable rencontre avec l’autre commence précisément à cet endroit.

    Au moment où nous cessons de vouloir qu’il nous ressemble.

    Au moment où nous acceptons qu’il soit simplement lui-même.

    J’ai choisi d’y croire.