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  • La mante religieuse : hasard ou synchronicité ?

    Hier matin, en ouvrant les volets, j’ai découvert une mante religieuse posée sur la porte-fenêtre de la maison.

    Je me suis arrêtée quelques instants pour l’observer. Sa silhouette si particulière, son immobilité, son regard presque mystérieux… Puis j’ai repris le cours de ma journée, en pensant qu’elle repartirait rapidement.

    Pourtant, ce matin, elle était toujours là.

    Sa présence m’a interpellée.

    La veille de cette rencontre, j’avais fait un rêve qui m’avait profondément marquée.

    J’y voyais un petit oiseau au plumage brun, avec une tache rouge au niveau du cœur. Cette tache ressemblait à une cible. Cet oiseau ne volait pas au hasard : il avançait avec une détermination incroyable, comme s’il savait exactement où il allait. Dans mon rêve, je racontais cette rencontre à des amis, avec la sensation que cet oiseau venait me rappeler quelque chose d’essentiel : me rassembler, cesser de disperser mon énergie et avancer avec justesse.

    Au réveil, ce rêve était encore très présent.

    Et quelques heures plus tard, cette mante religieuse apparaissait devant ma porte.

    Alors, hasard ou synchronicité ?

    Je n’en sais rien.

    avant, pendant longtemps, j’aurais cherché une réponse.

    Aujourd’hui, je préfère accueillir la question.

    Depuis que je m’intéresse davantage aux pratiques chamaniques, aux rêves et à l’observation du vivant, je remarque que certains animaux semblent apparaître à des moments particuliers de ma vie.

    Est-ce parce qu’ils viennent réellement nous transmettre un message ?

    Ou simplement parce que je suis devenue plus attentive à ce qui m’entoure ?

    Finalement, je crois que la réponse importe moins que ce que cette rencontre fait naître en moi.

    La mante religieuse est un animal fascinant, elle ne s’agite pas, elle observe, elle attend et semble entièrement présente à l’instant qu’elle est en train de vivre.

    Puis, lorsque le moment est venu, elle agit avec une précision remarquable.

    En la regardant, je me suis demandé si ce n’était pas exactement ce que la vie essayait de m’apprendre depuis quelque temps.

    Pendant des années, j’ai voulu tout mener de front : mon métier auprès des animaux, mes mandats d’élue, l’association, l’écriture, les formations, les nouveaux projets…

    J’aimais tout cela. Mais je me dispersais aussi beaucoup.

    Depuis plusieurs mois, je sens qu’un changement s’opère.

    Les choses deviennent plus simples.

    Je ressens moins le besoin de courir après tout.

    J’apprends à faire confiance au bon moment, à laisser certaines portes s’ouvrir naturellement, sans vouloir les forcer.

    Cette mante religieuse est peut-être simplement venue me rappeler cela.

    Ou peut-être est-ce moi qui donne du sens à cette rencontre.

    Et au fond, cela n’a pas tellement d’importance.

    Car ce qui me touche, ce n’est pas de savoir si cet insecte est porteur d’un message universel.

    C’est qu’il m’a obligée à m’arrêter.

    À prendre quelques minutes pour observer, à écouter ce qui se passait en moi.

    Les animaux vivent dans le présent. Ils ne cherchent pas forcément à expliquer ce qu’ils rencontrent. Ils vivent pleinement chaque instant.

    Peut-être avons-nous, nous aussi, quelque chose à apprendre de cette simplicité.

    Je ne prétends pas détenir une vérité, je partage simplement une expérience.

    Une rencontre qui m’a invitée à ralentir.

    À faire confiance au chemin qui se dessine peu à peu.

    Et à me rappeler que, parfois, le vivant nous parle… non pas avec des mots, mais avec une présence qui résonne exactement au bon moment.

    Et vous…

    Avez-vous déjà vécu une rencontre avec un animal qui vous a profondément marqué, sans que vous puissiez vraiment expliquer pourquoi ?

  • Chien de protection : quand ma chienne Jade, akita américain, a choisi de protéger mes poules

    Il y a quelques jours, j’ai retrouvé l’un de mes coqs mort. C’est cette attaque qui m’a amenée à réfléchir au rôle qu’un chien de protection pouvait jouer auprès de mes poules.

    Pour beaucoup, ce n’est « que la nature ». Pourtant, lorsqu’on élève des animaux, chacun d’eux compte. On les nourrit, on veille sur eux, on les connaît. Alors forcément, cela touche.

    Chez moi, en Dordogne, les renards sont nombreux. C’est précisément pour cette raison que mes poules et mes coqs vivent dans un grand parc entièrement clôturé, avec un grillage de plus d’un mètre cinquante de hauteur. J’avais fait ce choix pour leur offrir une vie la plus libre possible… tout en les protégeant.

    Malgré cela, le renard a trouvé une faille.

    Le lendemain, il est revenu. Cette fois, un autre de mes coqs était vivant… mais sans sa queue. Il avait échappé de peu à une nouvelle attaque. Au-delà de la perte d’un coq, c’est tout un équilibre du vivant qui me touche. Depuis quelque temps, j’ose parler davantage de ma pratique du chamanisme. Elle a changé mon regard sur les animaux. Je ne les considère plus seulement comme des êtres à protéger ou à soigner, mais comme des compagnons de vie qui participent, chacun à leur manière, au grand équilibre du vivant. La mort de ce coq m’a profondément touchée. Non pas parce qu’il avait une valeur matérielle, mais parce qu’une présence s’était éteinte. C’est sans doute pour cela que j’ai aussitôt cherché une solution qui protège les autres, avec l’aide de Jade. J’avais le sentiment de devoir rétablir cet équilibre plutôt que de laisser la peur ou la colère décider à ma place.

    À ce moment-là, une évidence s’est imposée.

    Un chien de protection peut parfois être la meilleure solution

    Je savais que je ne pouvais pas simplement espérer que le renard ne revienne plus.

    Je pouvais passer mon temps à être en colère, regretter la situation ou attendre qu’une solution extérieure arrive.

    Ou bien… m’adapter.

    J’ai alors pensé à Jade, mon akita américain.

    Beaucoup imaginent encore que les akitas sont uniquement des chiens indépendants ou réservés. C’est oublier une qualité essentielle : lorsqu’ils créent un lien avec leur famille, ils développent souvent un formidable instinct de protection.

    Jade est une chienne extrêmement stable. Elle n’a jamais manifesté la moindre agressivité envers les poules ou les coqs. Elle les connaît depuis longtemps.

    Je lui ai donc installé un coin confortable dans le grand poulailler : son tapis, de l’ombre, de l’eau et tout ce dont elle avait besoin.

    Depuis, elle assure naturellement une présence dissuasive.

    Les animaux nous montrent l’art de l’adaptation

    Ce qui m’a frappée dans cette histoire, ce n’est pas seulement le rôle de Jade.

    C’est la rapidité avec laquelle une nouvelle organisation s’est mise en place.

    Le renard suit son instinct de survie.

    Mes poules continuent leur vie.

    Jade a accepté sa nouvelle mission avec un calme étonnant.

    Et moi, j’ai simplement cherché une solution différente.

    Nous passons parfois énormément d’énergie à lutter contre ce qui est déjà arrivé.

    Les animaux, eux, nous rappellent qu’une fois le danger identifié, l’essentiel est souvent de trouver la meilleure façon d’y répondre.

    Sans dramatiser.

    Sans rester bloqué.

    En avançant.

    Faire confiance aux capacités de chacun

    Bien sûr, tous les chiens ne peuvent pas devenir un chien de protection.

    Cela dépend de leur tempérament, de leur éducation, de leur relation avec les animaux à protéger et des apprentissages réalisés progressivement.

    Jade n’est pas devenue protectrice du jour au lendemain. C’est le résultat de la confiance construite au fil des années.

    Aujourd’hui, elle veille tranquillement sur son petit monde.

    Et je retrouve une certaine sérénité.

    Ce que cette histoire m’a appris

    Cette expérience m’a rappelé une chose essentielle.

    Dans la vie, il y aura toujours des imprévus. Des renards, au sens propre… comme au sens figuré.

    Nous ne contrôlons pas tout.

    En revanche, nous pouvons choisir notre manière de répondre aux événements.

    Les animaux excellent dans cet art de l’adaptation.

    Ils utilisent leurs compétences, leurs forces, leurs instincts.

    Peut-être est-ce là l’une de leurs plus belles leçons : face aux difficultés, chercher la solution plutôt que rester prisonnier du problème.

    Et parfois, cette solution dort tranquillement à quelques mètres de nous… sur un tapis, prête à veiller sur ceux qu’elle aime.

  • Oser parler du chamanisme, sortir de l’ombre.

    Il y a des choses que nous faisons depuis longtemps, mais dont nous parlons peu.

    Des pratiques qui font partie de notre vie, des expériences qui nous ont transformés. Des chemins que nous avons empruntés presque naturellement, sans ressentir le besoin de les montrer.

    Et parfois, un jour, une question apparaît :

    Pourquoi est-ce que je cache encore cette partie de moi ?

    Aujourd’hui, je comprends que, pour moi, oser parler du chamanisme est peut-être devenu une étape nécessaire.

    Depuis plusieurs années, j’accompagne des personnes de différentes façons. Je travaille avec les animaux et leurs humains, je pratique les soins énergétiques. Je transmets des outils autour des émotions, de la connaissance de soi et de la transformation personnelle. J’organise des formations, des ateliers et des rencontres.

    Et je pratique également le chamanisme.

    Pourtant, il existe une différence importante.

    J’ai communiqué sur presque tout ce que je fais.

    Mais très peu sur le chamanisme.

    Oser parler du chamanisme quand on a longtemps choisi la discrétion

    Les personnes qui ont participé à mes cercles ou à mes voyages chamaniques sont venues principalement par le bouche-à-oreille.

    Une personne en parlait à une autre.

    Quelqu’un venait vivre une expérience, puis revenait parfois accompagné.

    Les groupes se formaient ainsi, naturellement.

    Et cela me convenait.

    Je n’avais pas besoin d’expliquer, pas besoin de me montrer.

    Je n’avais surtout pas besoin de m’exposer au regard de ceux qui ne comprennent pas cette pratique.

    Car oser parler du chamanisme, c’est aussi accepter de parler d’une réalité qui ne correspond pas aux repères de tout le monde.

    Les mondes chamaniques,les animaux de pouvoir, les guides.

    Les voyages au son du tambour, les symboles reçus pendant les voyages. Les expériences que l’on ne peut pas toujours expliquer avec des mots.

    Pendant longtemps, j’ai préféré garder cette partie de mon travail dans un espace presque protégé.

    Mais aujourd’hui, je me demande si cette discrétion n’est pas devenue une manière de me cacher.

    Nous pouvons être visibles sans être entièrement nous-mêmes

    On peut avoir un site internet. Écrire des articles.

    Publier sur les réseaux sociaux.

    Donner des conférences.

    Animer des formations.

    Accompagner des personnes.

    Et pourtant, rester invisible sur une partie essentielle de soi.

    C’est une chose étrange.

    Parce que nous avons alors l’impression de nous montrer.

    Mais nous ne montrons que ce que nous pensons acceptable, compréhensible ou suffisamment rassurant pour les autres.

    Nous choisissons les morceaux de nous-mêmes que nous sommes prêts à exposer.

    Et nous gardons les autres derrière une porte, par peur d’être jugés.

    Par peur d’être enfermés dans une étiquette.

    Mais aussi, par peur que certaines personnes ne comprennent pas.

    Ou simplement parce que nous ne savons pas encore comment en parler.

    Je crois que c’est ce qui m’est arrivé avec le chamanisme.

    Le théâtre de mes rêves

    Il y a quelque temps, j’ai rêvé d’un théâtre.

    Des personnes étaient allongées devant moi.

    Sur le moment, cette image pouvait sembler étrange.

    Mais en y repensant, elle m’a rappelé les cercles chamaniques.

    Lors d’un voyage au tambour, les participants sont souvent allongés.

    Ils ne dorment pas, ils voyagent.

    Chacun entre dans son propre espace intérieur, guidé par le rythme du tambour et par une intention.

    Et moi, je suis là, je tiens l’espace.

    J’accompagne, je veille.

    Cette image du théâtre m’a alors posé une question.

    Et si ce que je dois davantage montrer aujourd’hui n’était pas quelque chose de nouveau à inventer ?

    Et si c’était simplement une pratique que je connais déjà, que je transmets déjà, mais que je n’ai jamais vraiment osé rendre visible ?

    Nous cherchons parfois très loin ce qui est déjà là

    Nous avons souvent tendance à croire que notre avenir dépend de quelque chose que nous devons encore trouver.

    Une nouvelle formation, une nouvelle idée.

    Une nouvelle activité, un nouveau projet.

    Nous cherchons, nous réfléchissons, nous préparons.

    Nous attendons le bon moment.

    Alors que parfois, une partie de la réponse existe déjà.

    Elle est simplement restée dans l’ombre.

    Je pratique le chamanisme.

    J’organise des voyages chamaniques.

    Je crée des cercles.

    J’accompagne des personnes dans les trois mondes chamaniques : le monde d’en bas, le monde du milieu et le monde d’en haut.

    Je vois ce que ces expériences peuvent provoquer.

    Des prises de conscience, des émotions.

    Des rencontres symboliques puissantes, des messages que certaines personnes gardent longtemps en elles.

    Pourquoi, alors, continuer à ne presque pas en parler ?

    Oser parler du chamanisme ne signifie pas chercher à convaincre

    C’est peut-être l’une des choses les plus importantes pour moi.

    Je n’ai aucune envie de convaincre qui que ce soit.

    Je ne souhaite pas démontrer que les mondes chamaniques existent, je ne souhaite pas expliquer aux autres ce qu’ils doivent croire.

    Le chamanisme est une expérience.

    On peut l’aborder comme une pratique spirituelle, comme un voyage symbolique.

    Comme une rencontre avec son inconscient ou encore comme une autre manière d’écouter ce qui se passe en soi.

    Chacun est libre de mettre les mots qu’il souhaite sur ce qu’il vit.

    Cette liberté est essentielle.

    Mon rôle n’est pas de dire aux personnes ce qu’elles doivent voir.

    Encore moins ce qu’elles doivent comprendre.

    Mon rôle est d’ouvrir un espace, de proposer une intention.

    De faire résonner le tambour pour accompagner le voyage.

    Puis de permettre à chacun de revenir avec ce qu’il a rencontré.

    Un animal.

    Un guide.

    Une image.

    Un mot.

    Un objet symbolique.

    Une émotion.

    Ou parfois simplement une sensation de paix.

    Retrouver le rythme des saisons

    Je réfléchis aujourd’hui à proposer davantage de cercles chamaniques au cours de l’année.

    Pas toutes les semaines, pas dans une logique de consommation ou d’accumulation.

    J’aimerais qu’ils restent des rendez-vous particuliers.

    Des moments que l’on attend.

    Des passages.

    Les équinoxes pourraient devenir des temps de transformation.

    Les solstices, des moments pour célébrer la lumière ou traverser l’obscurité.

    Une pleine lune pourrait nous inviter à regarder ce qui arrive à maturité.

    Une nouvelle lune, à écouter ce qui cherche à naître.

    Quelques rendez-vous dans l’année.

    Des temps forts.

    Des cercles dans lesquels nous prenons le temps de nous arrêter, d’écouter, de voyager et de revenir à nous-mêmes.

    Je crois que c’est ainsi que j’ai envie de transmettre le chamanisme.

    Peut-être que certaines portes ne s’ouvrent que lorsque nous acceptons d’être vus

    Pendant longtemps, j’ai cru que le bouche-à-oreille suffisait.

    Et il a suffi.

    Il m’a permis de rencontrer des personnes.

    D’organiser des cercles.

    De transmettre.

    Mais il existe peut-être une différence entre attendre que les personnes nous trouvent et accepter de leur montrer le chemin jusqu’à nous.

    Écrire sur le chamanisme ne signifie pas devenir quelqu’un d’autre.

    Communiquer sur mes cercles ne signifie pas renier le reste de mon travail.

    Bien au contraire.

    Lorsque je regarde mon parcours, je vois aujourd’hui une continuité.

    Les animaux.

    L’observation.

    L’écoute de ce qui ne se dit pas avec des mots.

    L’énergie.

    Les émotions.

    Les rêves.

    Les symboles.

    Les transformations.

    Le chamanisme n’est pas une activité isolée au milieu de tout cela.

    Il fait partie du même chemin.

    Ce que nous cachons est parfois précisément ce que nous sommes venus transmettre

    Nous passons parfois des années à chercher notre place.

    À essayer de comprendre ce que nous devons faire, à construire des projets, à nous former, à attendre d’être prêts.

    Et puis un jour, nous découvrons que la question n’était peut-être pas :

    « Que dois-je encore apprendre ? »

    Mais plutôt :

    « Qu’est-ce que je connais déjà et que je n’ose pas encore montrer ? »

    Aujourd’hui, oser parler du chamanisme signifie pour moi accepter d’ouvrir davantage cette porte.

    Parler des voyages chamaniques.

    Des trois mondes, des animaux de pouvoir, des guides, des symboles, des passages.

    De ce que nous pouvons rencontrer lorsque nous acceptons, pendant quelques instants, de faire silence et d’écouter autrement.

    Je ne sais pas exactement où cette nouvelle étape va me conduire.

    Mais je sais qu’il arrive un moment où rester caché demande davantage d’énergie que d’oser être vu.

    Et peut-être que certaines personnes attendent simplement que nous osions parler pour découvrir qu’elles cherchaient, elles aussi, cette porte.

    Et vous, existe-t-il une partie de vous, une passion, une pratique ou un rêve que vous gardez encore dans l’ombre par peur du regard des autres ?

  • Canicule : ce que les animaux nous apprennent sur notre énergie

    Le repos quel plaisir !

    Depuis plusieurs jours, la chaleur est écrasante.Comme beaucoup d’entre vous, je regarde mes animaux s’adapter à cette canicule. Et, une fois de plus, ils me donnent une belle leçon de vie.

    Mes chiens mangent tôt le matin, quand la fraîcheur est encore présente. Ensuite, ils s’installent à l’ombre, s’allongent sur le carrelage ou profitent de l’air du ventilateur. Mes chats font exactement la même chose. Ils dorment, économisent leurs forces, attendent que la température redescende.

    La nuit, lorsque l’air redevient respirable, les fenêtres restent ouvertes. C’est alors qu’ils retrouvent leur énergie. Ils jouent, explorent, mangent, vivent tout simplement,ils ne passent pas leur journée à lutter contre la chaleur.

    Ils s’y adaptent.

    Pendant ce temps, combien d’humains continuent à courir, à faire du vélo ou à entreprendre des efforts importants en pleine après-midi de canicule ? Ma cousine travaille aux urgences et, comme beaucoup de soignants en cette période, elle voit arriver des personnes victimes de coups de chaleur. Pourtant, depuis plusieurs jours, les recommandations sont les mêmes : boire régulièrement, rester au frais, éviter les efforts physiques pendant les heures les plus chaudes.

    Pourquoi avons-nous tant de mal à écouter notre corps ?

    J’ai l’impression que nous avons parfois intégré l’idée qu’il faudrait continuer coûte que coûte. Être performant. Ne rien changer à nos habitudes, comme si nous devions montrer que nous sommes plus forts que les circonstances.

    Les animaux ne cherchent pas à être plus forts que la nature.

    Ils vivent avec elle.

    Vivre le présent sans oublier demain

    Ils savent que dépenser inutilement leur énergie aujourd’hui, c’est peut-être en manquer demain.

    Cette façon de faire me rappelle une phrase qui m’accompagne depuis quelque temps et qui m’est venue dans un rêve : vivre maintenant et préparer l’avenir.

    Préparer l’avenir, ce n’est pas s’épuiser aujourd’hui.

    C’est savoir utiliser son énergie avec discernement.

    Donc lorsque la vie impose un ralentissement, il est parfois plus sage de ralentir réellement plutôt que de lutter contre ce qui nous dépasse.

    La canicule en est un bon exemple, mais cette réflexion dépasse largement la météo.

    En effet, dans les périodes difficiles de notre existence, nous continuons parfois à vouloir tout porter en même temps : travailler davantage, régler tous les problèmes, aider tout le monde, avancer coûte que coûte.

    Canicule : les animaux savent économiser leur énergie

    Et si nous faisions comme les animaux ?

    Et si nous acceptions que certains moments soient faits pour agir, et d’autres pour récupérer ?

    Se reposer n’est pas abandonner.

    Attendre le bon moment n’est pas renoncer.

    Économiser son énergie n’est pas de la faiblesse.

    C’est souvent une preuve de sagesse.

    Les animaux nous rappellent chaque jour que la vie n’est pas une course permanente.

    Elle est faite de rythmes.

    De périodes d’action.

    De périodes de repos.

    En conclusion, peut-être que le véritable équilibre consiste simplement à apprendre, nous aussi, à respecter ces rythmes, au lieu de vouloir les combattre.

    J’ai choisi d’y croire.

  • Respecter la nature de l’autre : la leçon des villages, des animaux et des relations humaines

    Mes coqs, en grande réflexion sur les humains

    Respecter la nature de l’autre est sans doute l’un des plus grands défis de nos relations. Avec nos animaux, nos proches ou même les habitants d’un village, nous avons souvent tendance à vouloir modifier ce qui nous dérange au lieu d’apprendre à comprendre ce qui est différent de nous.

    Il est tôt ce matin.

    Les oiseaux chantent. Un coq lance son appel au loin. Une voiture passe sur la route. Dans quelques minutes, les cloches de l’église sonneront l’heure.

    Je suis assise dehors avec mon chocolat, à écouter la vie.

    Et je repense à une réflexion qui me revient souvent lorsque j’entends parler des conflits entre anciens habitants et néoruraux.

    Certaines personnes arrivent dans un village parce qu’elles recherchent le calme, la nature, l’authenticité. Puis, quelques mois plus tard, elles découvrent que le coq chante à l’aube, que les cloches sonnent plusieurs fois par jour, que les tracteurs travaillent pendant les récoltes et que les chiens du voisin aboient parfois lorsqu’un promeneur passe devant leur portail.

    Alors commencent les plaintes.

    Le coq, les cloches dérangent.

    Les tracteurs dérangent, en somme même le village dérange.

    Pourtant, aucun de ces éléments n’est nouveau.

    Les cloches sonnaient avant leur arrivée, le coq chantait, les habitants vivaient ainsi avant leur arrivée.

    Et cette réflexion m’a conduite bien au-delà de la simple vie à la campagne.

    Car je crois que nous faisons souvent la même chose dans nos relations avec les autres.

    Vouloir changer ce qui existait avant nous

    Lorsque nous arrivons dans un nouvel endroit, nous aimerions parfois que cet endroit s’adapte à nous.

    Lorsque nous rencontrons une nouvelle personne, nous aimerions parfois qu’elle corresponde exactement à l’image que nous avons construite dans notre esprit.

    Au début d’une relation, tout semble simple.

    Nous voyons surtout les qualités, nous admirons ce qui rend l’autre unique.

    Puis le temps passe.

    Ce qui nous séduisait hier devient parfois ce qui nous agace aujourd’hui.

    L’indépendance devient de la distance.

    La spontanéité devient de l’imprévisibilité.

    Le besoin de liberté devient un manque d’engagement.

    Alors, au lieu de nous adapter à la réalité de l’autre, nous essayons parfois de le transformer pour qu’il corresponde à notre vision.

    La même erreur avec les animaux

    Dans mon métier de comportementaliste animalier, j’observe souvent ce phénomène.

    Une famille choisit un chien de travail particulièrement dynamique.

    Puis elle souhaiterait qu’il reste calme toute la journée dans un jardin.

    Une personne adopte un chat indépendant, alors qu’ elle aimerait qu’il réclame des câlins à chaque instant.

    Un chien aboie pour signaler une présence.

    Le chat grimpe sur les meubles pour observer son territoire.

    Un cheval exprime ses émotions avec toute sa sensibilité.

    Et parfois, l’humain s’étonne que l’animal se comporte comme… un animal.

    Bien sûr, l’éducation est nécessaire.

    Bien sûr, la vie en société implique certaines règles.

    Mais il existe une différence fondamentale entre accompagner un être vivant et vouloir le remodeler entièrement.

    Plus nous luttons contre sa nature profonde, plus la relation devient difficile.

    Le monde n’est pas obligé de nous ressembler

    Je crois que nous avons progressivement oublié quelque chose d’essentiel.

    Pendant des milliers d’années, les humains savaient qu’ils entraient dans un monde qui existait avant eux.

    Quand ils arrivaient dans une vallée, ils observaient le vent.

    Quand ils rejoignaient une communauté, ils observaient ses usages.

    Quand ils approchaient un animal, ils apprenaient son langage.

    Aujourd’hui, nous avons parfois tendance à faire l’inverse.

    Nous arrivons quelque part avec nos attentes, nos habitudes, nos certitudes.

    Puis nous demandons au lieu, à l’animal ou à la personne de s’adapter à nous.

    Comme si le problème venait toujours de ce qui est différent.

    Pourtant, le vivant nous enseigne chaque jour une autre voie.

    La voie de l’observation, de la compréhension.

    La voie de l’adaptation réciproque.

    Et si la paix commençait là ?

    Tranquile le bien nommé
    Tranquille le bien nommé !

    Je ne crois pas que la paix naisse lorsque tout devient conforme à nos désirs.

    Je crois qu’elle apparaît lorsque nous cessons de lutter contre ce qui est.

    Cela ne signifie pas tout accepter sans discernement.

    Cela signifie reconnaître la réalité avant de vouloir la modifier.

    Le coq chante.

    Les cloches sonnent.

    Des chiens aboient.

    Les chats restent parfois mystérieux.

    Les humains ont leurs qualités, leurs blessures et leurs imperfections.

    Et peut-être qu’avant de chercher à changer le monde, nous pouvons nous demander :

     » Qu’est-ce que cette situation essaie de m’apprendre sur

    moi-même ? « 

     » Que puis-je changer en moi ? »

    Peut-être que la véritable rencontre avec l’autre commence précisément à cet endroit.

    Au moment où nous cessons de vouloir qu’il nous ressemble.

    Au moment où nous acceptons qu’il soit simplement lui-même.

    J’ai choisi d’y croire.

  • Morsure de chien : les signaux que personne n’avait vus

    Morsure de chien. Ces trois mots suffisent souvent à faire naître la peur, la colère ou l’incompréhension.

    Lorsqu’un chien mord, nous regardons naturellement la morsure. Le geste. La blessure. Les conséquences.

    Mais combien d’entre nous prennent le temps de regarder ce qui s’est passé avant ?

    Cette réflexion me ramène à une histoire qui m’a profondément marquée lorsque j’étais enfant et qui, sans doute, a contribué à faire naître ma vocation de comportementaliste animalier.

    Une morsure de chien qui a changé mon regard

    J’avais une dizaine d’années lorsqu’un briard noir est arrivé chez mon père qui était éducateur canin.

    Ce chien avait mordu un enfant.

    À l’époque, je ne comprenais pas encore tout du comportement canin. Mais je connaissais suffisamment les chiens pour ressentir un profond malaise face à ce que j’entendais.

    L’enfant de sa famille jouait avec lui.

    Il sautait sur son dos depuis les marches de l’escalier.

    Parfois, il lui roulait sur la queue avec son vélo.

    Le chien supportait.

    Jour après jour.

    Il encaissait.

    Comme beaucoup de chiens le font.

    Jusqu’au jour où il n’a plus pu.

    Alors il a mordu.

    Et soudain, toute l’attention s’est portée sur la morsure.

    Comme si l’histoire commençait ce jour-là.

    Les signaux que personne n’avait vus

    Avec les années, j’ai appris que les chiens communiquent presque toujours avant d’en arriver à une morsure.

    Ils détournent la tête, s’éloignent, ils se figent.

    En tout cas, ils cherchent à éviter le conflit.

    Ils envoient de nombreux signaux que nous ne remarquons pas toujours.

    Le chien qui s’éloigne, qui évite le contact.

    Le chien qui supporte encore, et encore.

    Puis un jour, il ne peut plus.

    Et nous découvrons alors la conséquence sans avoir vu tout ce qui l’a précédée.

    Une injustice qui ne m’a jamais quittée

    Ce qui m’a le plus marquée dans cette histoire, ce n’est pas seulement la morsure.

    C’est ce qui est arrivé ensuite.

    Ce briard noir a finalement été euthanasié son maître ne lui a pas pardonné son geste.

    J’étais encore une enfant, mais je me souviens du sentiment d’injustice qui m’a envahie.

    J’avais l’impression que ce chien payait seul le prix d’une situation dont il n’était pas l’unique responsable.

    Avec mon regard d’aujourd’hui, je ne cherche pas à excuser une morsure de chien,cela reste un acte grave.

    Mais je crois profondément qu’il est essentiel de comprendre ce qui l’a provoquée.

    Parce qu’un chien ne naît pas mordeur.

    Il est souvent un être vivant qui a essayé de communiquer longtemps avant d’être entendu.

    Une leçon qui dépasse le monde animal

    Avec le temps, j’ai réalisé que cette histoire parlait aussi des humains.

    Combien de personnes supportent une situation qui leur fait mal ?

    Envoient des signaux que personne ne voit ?

    Combien se taisent, s’adaptent, encaissent encore et encore ?

    Puis un jour, quelque chose déborde.

    Et les autres ne voient que l’explosion finale.

    Jamais tout ce qui l’a précédée.

    Cette histoire m’a appris que nous jugeons souvent le dernier acte sans connaître toute l’histoire.

    Chez les chiens.

    Comme chez les humains.

    Cette histoire fait partie de celles que je raconte dans mon livre Là où les chiens m’ont conduite, un ouvrage dans lequel je partage plusieurs rencontres canines qui ont profondément façonné ma vision de la relation entre l’humain et l’animal.

    Peut-être parce qu’au fond, les chiens nous parlent souvent de nous-mêmes.

    Encore faut-il prendre le temps de les écouter.

    J’ai choisi d’y croire.

  • Faire confiance à la vie : ce que dix kilomètres à pied dans Bordeaux m’ont appris

    Faire confiance à la vie est souvent plus facile à dire qu’à faire.

    Comme beaucoup de personnes, j’aime savoir où je vais, anticiper, prévoir. Pourtant, il arrive parfois que la vie nous rappelle que nous ne contrôlons pas tout… et que ce n’est pas forcément un problème.

    C’est exactement ce que j’ai vécu lors d’une journée à Bordeaux avec ma nièce de 15 ans.

    Nous étions parties pour assister au spectacle V.I.E. de Bernard Werber au Théâtre Fémina. Une sortie tranquille, une balade dans Bordeaux, un repas, puis le spectacle avant de rentrer à la maison.

    Du moins, c’était le programme.

    Quand rien ne se passe comme prévu

    À peine arrivées au parc relais, premier imprévu : le tram est interrompu à cause d’une grande manifestation. Nous devons descendre plus tôt que prévu et poursuivre à pied.

    Puis arrive le deuxième imprévu.

    J’avais oublié les billets du spectacle à la maison.

    Pendant plusieurs minutes, je cherche désespérément une solution. Impossible de retrouver facilement la réservation. Finalement, j’appelle mon mari qui retrouve les billets imprimés et m’envoie une photo.

    Première leçon : un problème n’est pas forcément une catastrophe.

    Souvent, il attend simplement que nous trouvions une autre porte d’entrée.

    Nous poursuivons notre chemin au milieu d’une foule impressionnante. Entre les manifestations, l’animation du centre-ville et les milliers de personnes présentes ce jour-là, Bordeaux ne ressemblait pas vraiment à la ville paisible que j’avais connue autrefois.

    Ma nièce, qui vit à la campagne, n’était pas particulièrement rassurée par cette agitation permanente.

    Pourtant, nous avons continué.

    Pas à pas.

    Nous avons trouvé le théâtre, nous avons mangé et profité du spectacle.

    Et lorsque nous sommes ressorties vers 23 heures, nous pensions que le plus difficile était derrière nous.

    Nous nous trompions.

    Les transports étaient à nouveau perturbés. Les stations étaient bondées. Certaines rames s’arrêtaient sans ouvrir leurs portes. Le GPS ne fonctionnait plus sur mon téléphone. Heureusement, celui de ma nièce prenait le relais.

    Alors nous avons marché.

    Encore.

    Et encore.

    Au total, nous avons parcouru près de dix kilomètres à pied dans la journée.

    À un moment, un tram arrive.

    Ce n’est pas exactement la destination que nous attendions.

    Je regarde ma nièce et je lui dis simplement :

    « Allez, on tente. »

    Nous montons.

    Et finalement, c’était le bon choix.

    En repensant à cette journée, je réalise que nous avons trouvé une solution à chaque difficulté rencontrée.

    Pas toujours celle que nous avions prévue.

    Pas toujours la plus simple.

    Mais une solution malgré tout.

    Ce que les animaux nous apprennent sur la confiance

    C’est là que les animaux m’ont rappelé une leçon essentielle.

    Nos chiens et nos chats ne passent pas leur temps à imaginer tous les scénarios catastrophes possibles. Ils vivent dans le présent. Ils s’adaptent à ce qui se présente devant eux.

    Un chien équilibré ne se demande pas ce qui va se passer dans trois heures.

    Il observe, ajuste et avance.

    Et surtout, il s’appuie sur son guide lorsqu’il lui fait confiance.

    Ce soir-là, ma nièce faisait exactement la même chose.

    Elle observait mon état émotionnel.

    Si j’avais paniqué, elle aurait probablement paniqué davantage.

    Si j’avais perdu mes moyens, elle aurait perdu une partie des siens.

    Sans même m’en rendre compte, je suis devenue pour elle ce repère stable dont elle avait besoin.

    Et c’est peut-être cela qui m’a le plus marquée.

    Quelques heures plus tôt, lors du spectacle, un message m’était venu :

    « Fais-toi confiance. »

    Sur le moment, j’avais trouvé cette phrase inspirante.

    Mais c’est dans les rues de Bordeaux que j’en ai compris le véritable sens.

    Faire confiance à la vie ne signifie pas que tout se déroule parfaitement ou qu’il n’y aura plus d’imprévus.

    Mais faire confiance à la vie, c’est accepter de faire un pas de plus même lorsque l’on ne connaît pas encore la suite du chemin.

    C’est monter dans un tram sans être certaine de la destination et continuer à avancer lorsque le GPS ne fonctionne plus.

    C’est croire qu’une solution existe même lorsqu’on ne la voit pas encore.

    En rentrant, ma nièce m’a dit :

    « Finalement, tout s’est bien déroulé. »

    Et elle avait raison.

    Cette journée n’a pas été parfaite.

    Mais elle a été riche d’enseignements.

    Je n’ai peut-être pas redécouvert Bordeaux comme je l’espérais.

    En revanche, j’ai redécouvert quelque chose d’encore plus précieux :

    ma capacité à faire confiance à la vie.

    Et ça, aucun GPS ne pouvait me l’indiquer.

    J’ai choisi d’y croire.

  • Amour et respect : la leçon de nos animaux

    Amour et respect : la leçon de nos animaux

    Amour et respect. Deux mots que l’on associe rarement spontanément lorsqu’on parle de nos animaux… et pourtant.

    On parle souvent de l’amour immense que nos animaux nous portent.

    De ce chien qui attend son humain derrière la porte, de ce chat qui vient se blottir contre nous dans les moments difficiles, de cette fidélité silencieuse, parfois bouleversante, qui nous fait dire :

    “Il m’aime tellement.”

    Et oui, les animaux peuvent créer avec nous des liens d’une profondeur extraordinaire.

    Mais avec les années, en observant des centaines de relations entre humains et animaux, une évidence s’est imposée à moi :

    L’amour véritable ne peut exister durablement sans respect.

    Et ce respect ne fonctionne pas à sens unique.

    Car finalement… ce que vivent nos animaux avec nous raconte souvent beaucoup de ce que nous vivons entre humains.

    Aimer, ce n’est pas tout accepter

    Aujourd’hui, beaucoup de personnes confondent amour et absence de limites.

    Par peur de frustrer, par peur d’être rejetées, de ne plus être aimées.

    Alors on tolère, on laisse faire, on excuse, on minimise.

    Avec un animal, cela peut donner un chien qui impose ses règles, envahit l’espace, refuse toute frustration ou devient émotionnellement ingérable.

    Avec un humain… cela peut ressembler à autre chose.

    Une relation où l’on dit oui alors qu’on pense non, où l’on s’efface pour préserver le lien.

    Une relation où l’on accepte des comportements qui nous blessent, simplement parce qu’on aime.

    Et pourtant…

    L’amour n’a jamais été censé demander de s’effacer.

    Respecter l’autre… et se respecter soi-même

    Bien sûr, respecter un animal, c’est comprendre son langage, ses besoins, ses limites.

    Mais se respecter soi aussi fait partie de l’équation.

    Car une relation saine n’est jamais un sacrifice permanent.

    Et c’est exactement la même chose dans nos relations humaines.

    Le respect, ce n’est pas écraser l’autre.

    Mais ce n’est pas non plus s’écraser soi-même.

    C’est reconnaître que chacun existe.

    Que chacun a une place, des besoins, des limites, une sensibilité, un espace intérieur.

    Quand cette réciprocité disparaît, le lien se déséquilibre.

    Quand l’absence de respect se déguise en amour

    C’est probablement l’un des pièges les plus fréquents.

    Chez l’humain comme avec l’animal.

    On appelle amour ce qui ressemble parfois davantage à :

    de la dépendance, de l’attachement fusionnel, du besoin de contrôle,

    de la peur de perdre, ou simplement l’incapacité à poser un cadre clair.

    Combien de personnes disent :

    “Mais il m’aime tellement qu’il ne me quitte jamais.”

    En parlant d’un chien incapable de supporter la solitude.

    Ou d’un partenaire incapable de laisser respirer l’autre.

    Dans les deux cas, est-ce vraiment de l’amour ?

    Ou est-ce de l’insécurité émotionnelle ?

    D’ailleurs, ce sujet de la place de chacun dans la relation me fait penser à un podcast que j’ai enregistré récemment sur la notion de “propriété” autour du chien : est-ce vraiment “mon” chien, ou vivons-nous simplement une relation ? Si ce thème vous parle, vous pouvez retrouver le podcast Mon chien est à qui ? sur ma page Facebook Cécile Massoubre Instinct & Liberté.

    Le vrai respect rassure

    Un cadre juste n’abîme pas l’amour. Au contraire, il le sécurise.

    Un chien qui sait où sont les limites se détend.

    Un chat qui évolue dans un environnement lisible gagne en sérénité.

    Un humain qui sait qu’il peut exister sans être envahi respire.

    Le respect crée de la sécurité.

    Et la sécurité permet à l’amour de grandir sans peur.

    Ce que les animaux nous enseignent

    Tranquille et ivoire les meilleurs amis du monde mais parfois trop c’est trop !

    Les animaux ont quelque chose de profondément honnête.

    Ils ne jouent pas un rôle.

    Ils ne disent pas oui quand c’est non.

    Leur inconfort finit toujours par parler, leur confiance se mérite.

    Leur retrait aussi.

    Et c’est peut-être là leur immense enseignement.

    Ils nous montrent que l’amour n’est pas une fusion.

    Que le lien n’est pas la possession, que la proximité n’existe réellement que lorsqu’elle est libre.

    Et qu’un amour sans respect finit toujours par se fragiliser.

    Une question à se poser

    Peut-être que la vraie question est celle-ci :

    Dans mes relations, est-ce que je confonds parfois amour et tolérance excessive ?

    Avec mon animal, avec les autres, avec moi-même.

    Parce que le respect mutuel n’est pas une froideur.

    C’est au contraire ce qui permet au lien de rester vivant, sain… et profondément aimant.

    Nos animaux nous rappellent parfois avec beaucoup de simplicité ce que nous oublions dans nos relations humaines :

    On peut aimer énormément… sans jamais cesser de se respecter.

    J’ai choisi d’y croire.

  • Stress et charge mentale : quand le vivant nous aide à retrouver l’apaisement

    Il y a des matins où tout semble plus lourd.

    Le ciel est gris. L’énergie aussi.

    Le mental commence à tourner en boucle. Les projections financières s’invitent sans prévenir. Les “et si…” prennent de plus en plus de place. Le corps, lui, reste en tension, même lorsque l’on sait parfaitement que s’inquiéter ne résout rien.

    Si vous avez déjà vécu cela, vous savez exactement de quoi je parle.

    Le stress et la charge mentale ne concernent pas uniquement les personnes débordées par leur emploi du temps. Ils peuvent aussi apparaître lorsque l’on porte trop émotionnellement, lorsque l’on traverse une période d’incertitude ou lorsque les peurs prennent plus de place que le présent.

    Quand marcher devient une réponse simple au stress et à la charge mentale

    Ce matin-là, j’ai choisi quelque chose de simple : marcher.

    Je suis partie avec Asher, mon fidèle compagnon malvoyant, écouter un soin audio centré sur les peurs.

    Pour Asher la vie est sans stress

    Au fil des pas, quelque chose a commencé à changer.

    Mes épaules se sont relâchées, ma respiration est devenue plus profonde.

    Puis j’ai croisé un petit lézard de muraille, immobile sur une pierre, simplement occupé à capter un peu de chaleur malgré la fraîcheur du matin.

    Merci Hélène pour cette jolie photo

    Et puis il y a eu cet instant inattendu.

    J’ai fermé les yeux. D’abord quelques pas, puis davantage.

    Faire confiance au chemin, à mon chien, à la vie.

    Sentir simplement le sol sous mes pieds, ses irrégularités, ses reliefs, le présent.

    Et au-dessus de moi, un milan royal est apparu, porté par les courants.

    Comme un rappel silencieux : parfois, lutter davantage n’est pas la solution. Il faut apprendre à se laisser porter autrement.

    Ce que les animaux nous enseignent sur le stress et l’apaisement

    Les animaux nous ramènent souvent à quelque chose d’essentiel : l’instant présent.

    Ils ne ressassent pas l’hier, n’anticipent pas le pire en boucle.

    Ils vivent.

    Dans mon livre Là où les chiens m’ont conduite, je raconte combien les animaux nous enseignent parfois bien plus que ce que nous imaginons, simplement par leur présence, leur résilience et leur manière d’habiter pleinement l’instant.

    C’est sans doute pour cela que, depuis des années, au fil de mes accompagnements, je rencontre souvent derrière les problématiques animales… des humains profondément fatigués.

    Quand le stress devient un poids trop lourd à porter seul

    Derrière un comportement, derrière une difficulté, derrière un mal-être parfois diffus, il y a souvent :

    une charge mentale constante, des peurs qui tournent en boucle,

    des blocages émotionnels, une fatigue profonde,

    des tensions physiques amplifiées par le stress,

    ou simplement ce sentiment d’être intérieurement saturé.

    Parler. Déposer. Comprendre ce qui se joue.

    Retrouver de la clarté.

    Parfois, cela change énormément.

    Ce que nos animaux révèlent parfois de nous

    Si je partage ce moment avec vous, ce n’est pas uniquement pour raconter une jolie promenade.

    C’est parce qu’au fil des années, en tant que comportementaliste animalier, j’ai appris une chose essentielle : nos animaux nous ramènent souvent à nous-mêmes.

    Ils nous montrent nos tensions, nos incohérences, nos peurs, notre difficulté à ralentir, notre besoin de contrôle.

    Et parfois aussi notre capacité oubliée à faire confiance.

    Ce matin-là, guidée par mon chien malvoyant, les yeux fermés, j’ai ressenti quelque chose de profondément simple : lorsque l’on cesse de lutter contre tout ce qui nous traverse, un autre équilibre peut apparaître.

    C’est aussi ce que j’observe souvent dans mon travail autour de la relation humain-animal.

    Derrière certains comportements, certaines incompréhensions ou certaines tensions, il y a parfois bien plus qu’un simple “problème de chien” ou “problème de chat”.

    Il y a une relation à réajuster, une communication à retrouver, n cadre à reconstruire.

    Et parfois, une invitation à se regarder autrement.

    Si votre compagnon vous met face à des comportements que vous ne comprenez plus, ou si la relation est devenue source de tension ou d’inquiétude, c’est peut-être simplement le moment d’y voir plus clair.

    C’est précisément là que mon métier commence.

    J’ai choisi d’y croire.

  • Balade canine : quand les chiens refusent le contact

    Balade canine : quand les chiens refusent le contact

    Retour de balade

    Lors de la dernière balade canine ludo-éducative que j’ai animé, j’ai vécu une situation extrêmement intéressante.

    Le genre de moment qui nous rappelle, avec beaucoup d’humilité, que même après des années d’expérience, les chiens restent des êtres vivants, sensibles, rapides, et infiniment plus subtils qu’on ne l’imagine.

    L’idée semblait simple.

    Permettre à une jeune femelle malinoise de faire quelques interactions sociales encadrées avec des chiens connus, équilibrés, habitués aux rencontres.

    D’abord, un petit bulldog français mâle, habituellement très joueur, sociable, plutôt bon vivant.

    Et pourtant…

    En une fraction de seconde, le ton est monté.

    Grognements, tension, posture claire : pas question de jouer.

    La jeune chienne a tenté une approche, puis elle est revenue chercher le soutien de son humain.

    Nous avons alors essayé avec un autre chien.

    Un grand mâle, habitué aux contacts, vivant avec une petite femelle au quotidien, généralement plutôt tolérant.

    Même constat.

    Réaction immédiate, ferme, sans ambiguïté.

    J’ai immédiatement demandé à ce que l’on arrête les interactions.

    Parce qu’en tant que professionnelle, lorsque j’anime une balade canine ludo-éducative, mon rôle n’est pas de “laisser faire pour voir”.

    Mon rôle est d’observer, de lire… et d’anticiper.

    La jolie Kimey

    Les chiens ne mentent pas… mais ils ne pensent pas comme nous

    Humainement, notre premier réflexe est souvent de projeter.

    “Mais d’habitude il est gentil.”
    “Il joue avec tout le monde.”
    “Je ne comprends pas.”

    Pourtant, les chiens ne fonctionnent pas avec nos raisonnements.

    Ils lisent des micro-signaux que nous percevons à peine :

    • postures
    • tensions musculaires
    • regard
    • déplacements
    • gestion de l’espace
    • intentions

    En quelques secondes, ils évaluent une interaction.

    Cela ne signifie pas qu’ils “jugent”.

    Cela signifie qu’ils communiquent selon leur langage.

    Et parfois, leur message est très clair :

    “Non.”

    Une rencontre canine n’est jamais une évidence

    C’est précisément pour cela que, lors de chaque balade canine ludo-éducative que j’encadre, je rappelle une chose essentielle :

    On ne lâche jamais des chiens inconnus ensemble en supposant que tout ira bien.

    Même un chien habituellement sociable peut réagir différemment selon :

    • le contexte
    • son état émotionnel
    • l’énergie de l’autre chien
    • la tension des humains
    • la lecture qu’il fait de la situation

    Et tout peut basculer en moins d’une seconde.

    Ce n’est pas du catastrophisme.

    C’est du respect du vivant.

    Le gentil Milo et ses copains de bains

    Et si nous faisions pareil entre humains ?

    C’est là que cette scène m’a profondément touchée.

    Parce que, finalement, nous aussi, nous ressentons immédiatement certaines choses.

    Certaines personnes nous mettent spontanément à l’aise.

    D’autres activent une vigilance difficile à expliquer.

    Parfois sans raison rationnelle immédiate, notre corps capte, le système nerveux lit.

    Notre intuition murmure.

    Mais contrairement aux chiens, nous avons appris à douter de nos ressentis.

    À sourire alors que quelque chose crispe, à ignorer le malaise.

    À vouloir absolument “faire fonctionner” la rencontre.

    Les chiens, eux, sont beaucoup plus honnêtes.

    Le vrai message

    Le message de cette expérience n’était pas :

    “Cette jeune chienne est problématique.”

    Absolument pas.

    Le message était :

    Toutes les rencontres ne sont pas compatibles.
    Tous les chiens ne doivent pas jouer ensemble.
    Et notre rôle d’humain est d’encadrer, pas d’espérer.

    Ce type de situation, je l’ai vécu de nombreuses fois au fil de mon parcours.
    Dans mon livre Là où les chiens m’ont conduite, je partage justement ces expériences de terrain qui m’ont appris à observer, comprendre et respecter le langage des chiens au quotidien.

    Comme dans la vie.

    Toutes les relations ne sont pas faites pour fusionner.

    Toutes les personnes ne sont pas faites pour entrer dans notre espace.

    Et poser une limite n’est pas une violence.

    C’est parfois une forme d’intelligence.

    Le vivant nous le rappelle chaque jour.

    Si nous acceptons de l’écouter.

    J’ai choisi d’y croire.