Oser parler du chamanisme, sortir de l’ombre.

Il y a des choses que nous faisons depuis longtemps, mais dont nous parlons peu.

Des pratiques qui font partie de notre vie, des expériences qui nous ont transformés. Des chemins que nous avons empruntés presque naturellement, sans ressentir le besoin de les montrer.

Et parfois, un jour, une question apparaît :

Pourquoi est-ce que je cache encore cette partie de moi ?

Aujourd’hui, je comprends que, pour moi, oser parler du chamanisme est peut-être devenu une étape nécessaire.

Depuis plusieurs années, j’accompagne des personnes de différentes façons. Je travaille avec les animaux et leurs humains, je pratique les soins énergétiques. Je transmets des outils autour des émotions, de la connaissance de soi et de la transformation personnelle. J’organise des formations, des ateliers et des rencontres.

Et je pratique également le chamanisme.

Pourtant, il existe une différence importante.

J’ai communiqué sur presque tout ce que je fais.

Mais très peu sur le chamanisme.

Oser parler du chamanisme quand on a longtemps choisi la discrétion

Les personnes qui ont participé à mes cercles ou à mes voyages chamaniques sont venues principalement par le bouche-à-oreille.

Une personne en parlait à une autre.

Quelqu’un venait vivre une expérience, puis revenait parfois accompagné.

Les groupes se formaient ainsi, naturellement.

Et cela me convenait.

Je n’avais pas besoin d’expliquer, pas besoin de me montrer.

Je n’avais surtout pas besoin de m’exposer au regard de ceux qui ne comprennent pas cette pratique.

Car oser parler du chamanisme, c’est aussi accepter de parler d’une réalité qui ne correspond pas aux repères de tout le monde.

Les mondes chamaniques,les animaux de pouvoir, les guides.

Les voyages au son du tambour, les symboles reçus pendant les voyages. Les expériences que l’on ne peut pas toujours expliquer avec des mots.

Pendant longtemps, j’ai préféré garder cette partie de mon travail dans un espace presque protégé.

Mais aujourd’hui, je me demande si cette discrétion n’est pas devenue une manière de me cacher.

Nous pouvons être visibles sans être entièrement nous-mêmes

On peut avoir un site internet. Écrire des articles.

Publier sur les réseaux sociaux.

Donner des conférences.

Animer des formations.

Accompagner des personnes.

Et pourtant, rester invisible sur une partie essentielle de soi.

C’est une chose étrange.

Parce que nous avons alors l’impression de nous montrer.

Mais nous ne montrons que ce que nous pensons acceptable, compréhensible ou suffisamment rassurant pour les autres.

Nous choisissons les morceaux de nous-mêmes que nous sommes prêts à exposer.

Et nous gardons les autres derrière une porte, par peur d’être jugés.

Par peur d’être enfermés dans une étiquette.

Mais aussi, par peur que certaines personnes ne comprennent pas.

Ou simplement parce que nous ne savons pas encore comment en parler.

Je crois que c’est ce qui m’est arrivé avec le chamanisme.

Le théâtre de mes rêves

Il y a quelque temps, j’ai rêvé d’un théâtre.

Des personnes étaient allongées devant moi.

Sur le moment, cette image pouvait sembler étrange.

Mais en y repensant, elle m’a rappelé les cercles chamaniques.

Lors d’un voyage au tambour, les participants sont souvent allongés.

Ils ne dorment pas, ils voyagent.

Chacun entre dans son propre espace intérieur, guidé par le rythme du tambour et par une intention.

Et moi, je suis là, je tiens l’espace.

J’accompagne, je veille.

Cette image du théâtre m’a alors posé une question.

Et si ce que je dois davantage montrer aujourd’hui n’était pas quelque chose de nouveau à inventer ?

Et si c’était simplement une pratique que je connais déjà, que je transmets déjà, mais que je n’ai jamais vraiment osé rendre visible ?

Nous cherchons parfois très loin ce qui est déjà là

Nous avons souvent tendance à croire que notre avenir dépend de quelque chose que nous devons encore trouver.

Une nouvelle formation, une nouvelle idée.

Une nouvelle activité, un nouveau projet.

Nous cherchons, nous réfléchissons, nous préparons.

Nous attendons le bon moment.

Alors que parfois, une partie de la réponse existe déjà.

Elle est simplement restée dans l’ombre.

Je pratique le chamanisme.

J’organise des voyages chamaniques.

Je crée des cercles.

J’accompagne des personnes dans les trois mondes chamaniques : le monde d’en bas, le monde du milieu et le monde d’en haut.

Je vois ce que ces expériences peuvent provoquer.

Des prises de conscience, des émotions.

Des rencontres symboliques puissantes, des messages que certaines personnes gardent longtemps en elles.

Pourquoi, alors, continuer à ne presque pas en parler ?

Oser parler du chamanisme ne signifie pas chercher à convaincre

C’est peut-être l’une des choses les plus importantes pour moi.

Je n’ai aucune envie de convaincre qui que ce soit.

Je ne souhaite pas démontrer que les mondes chamaniques existent, je ne souhaite pas expliquer aux autres ce qu’ils doivent croire.

Le chamanisme est une expérience.

On peut l’aborder comme une pratique spirituelle, comme un voyage symbolique.

Comme une rencontre avec son inconscient ou encore comme une autre manière d’écouter ce qui se passe en soi.

Chacun est libre de mettre les mots qu’il souhaite sur ce qu’il vit.

Cette liberté est essentielle.

Mon rôle n’est pas de dire aux personnes ce qu’elles doivent voir.

Encore moins ce qu’elles doivent comprendre.

Mon rôle est d’ouvrir un espace, de proposer une intention.

De faire résonner le tambour pour accompagner le voyage.

Puis de permettre à chacun de revenir avec ce qu’il a rencontré.

Un animal.

Un guide.

Une image.

Un mot.

Un objet symbolique.

Une émotion.

Ou parfois simplement une sensation de paix.

Retrouver le rythme des saisons

Je réfléchis aujourd’hui à proposer davantage de cercles chamaniques au cours de l’année.

Pas toutes les semaines, pas dans une logique de consommation ou d’accumulation.

J’aimerais qu’ils restent des rendez-vous particuliers.

Des moments que l’on attend.

Des passages.

Les équinoxes pourraient devenir des temps de transformation.

Les solstices, des moments pour célébrer la lumière ou traverser l’obscurité.

Une pleine lune pourrait nous inviter à regarder ce qui arrive à maturité.

Une nouvelle lune, à écouter ce qui cherche à naître.

Quelques rendez-vous dans l’année.

Des temps forts.

Des cercles dans lesquels nous prenons le temps de nous arrêter, d’écouter, de voyager et de revenir à nous-mêmes.

Je crois que c’est ainsi que j’ai envie de transmettre le chamanisme.

Peut-être que certaines portes ne s’ouvrent que lorsque nous acceptons d’être vus

Pendant longtemps, j’ai cru que le bouche-à-oreille suffisait.

Et il a suffi.

Il m’a permis de rencontrer des personnes.

D’organiser des cercles.

De transmettre.

Mais il existe peut-être une différence entre attendre que les personnes nous trouvent et accepter de leur montrer le chemin jusqu’à nous.

Écrire sur le chamanisme ne signifie pas devenir quelqu’un d’autre.

Communiquer sur mes cercles ne signifie pas renier le reste de mon travail.

Bien au contraire.

Lorsque je regarde mon parcours, je vois aujourd’hui une continuité.

Les animaux.

L’observation.

L’écoute de ce qui ne se dit pas avec des mots.

L’énergie.

Les émotions.

Les rêves.

Les symboles.

Les transformations.

Le chamanisme n’est pas une activité isolée au milieu de tout cela.

Il fait partie du même chemin.

Ce que nous cachons est parfois précisément ce que nous sommes venus transmettre

Nous passons parfois des années à chercher notre place.

À essayer de comprendre ce que nous devons faire, à construire des projets, à nous former, à attendre d’être prêts.

Et puis un jour, nous découvrons que la question n’était peut-être pas :

« Que dois-je encore apprendre ? »

Mais plutôt :

« Qu’est-ce que je connais déjà et que je n’ose pas encore montrer ? »

Aujourd’hui, oser parler du chamanisme signifie pour moi accepter d’ouvrir davantage cette porte.

Parler des voyages chamaniques.

Des trois mondes, des animaux de pouvoir, des guides, des symboles, des passages.

De ce que nous pouvons rencontrer lorsque nous acceptons, pendant quelques instants, de faire silence et d’écouter autrement.

Je ne sais pas exactement où cette nouvelle étape va me conduire.

Mais je sais qu’il arrive un moment où rester caché demande davantage d’énergie que d’oser être vu.

Et peut-être que certaines personnes attendent simplement que nous osions parler pour découvrir qu’elles cherchaient, elles aussi, cette porte.

Et vous, existe-t-il une partie de vous, une passion, une pratique ou un rêve que vous gardez encore dans l’ombre par peur du regard des autres ?

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