Auteur/autrice : Cécile Massoubre-Mareillaud

  • Faire confiance à la vie : ce que dix kilomètres à pied dans Bordeaux m’ont appris

    Faire confiance à la vie est souvent plus facile à dire qu’à faire.

    Comme beaucoup de personnes, j’aime savoir où je vais, anticiper, prévoir. Pourtant, il arrive parfois que la vie nous rappelle que nous ne contrôlons pas tout… et que ce n’est pas forcément un problème.

    C’est exactement ce que j’ai vécu lors d’une journée à Bordeaux avec ma nièce de 15 ans.

    Nous étions parties pour assister au spectacle V.I.E. de Bernard Werber au Théâtre Fémina. Une sortie tranquille, une balade dans Bordeaux, un repas, puis le spectacle avant de rentrer à la maison.

    Du moins, c’était le programme.

    Quand rien ne se passe comme prévu

    À peine arrivées au parc relais, premier imprévu : le tram est interrompu à cause d’une grande manifestation. Nous devons descendre plus tôt que prévu et poursuivre à pied.

    Puis arrive le deuxième imprévu.

    J’avais oublié les billets du spectacle à la maison.

    Pendant plusieurs minutes, je cherche désespérément une solution. Impossible de retrouver facilement la réservation. Finalement, j’appelle mon mari qui retrouve les billets imprimés et m’envoie une photo.

    Première leçon : un problème n’est pas forcément une catastrophe.

    Souvent, il attend simplement que nous trouvions une autre porte d’entrée.

    Nous poursuivons notre chemin au milieu d’une foule impressionnante. Entre les manifestations, l’animation du centre-ville et les milliers de personnes présentes ce jour-là, Bordeaux ne ressemblait pas vraiment à la ville paisible que j’avais connue autrefois.

    Ma nièce, qui vit à la campagne, n’était pas particulièrement rassurée par cette agitation permanente.

    Pourtant, nous avons continué.

    Pas à pas.

    Nous avons trouvé le théâtre, nous avons mangé et profité du spectacle.

    Et lorsque nous sommes ressorties vers 23 heures, nous pensions que le plus difficile était derrière nous.

    Nous nous trompions.

    Les transports étaient à nouveau perturbés. Les stations étaient bondées. Certaines rames s’arrêtaient sans ouvrir leurs portes. Le GPS ne fonctionnait plus sur mon téléphone. Heureusement, celui de ma nièce prenait le relais.

    Alors nous avons marché.

    Encore.

    Et encore.

    Au total, nous avons parcouru près de dix kilomètres à pied dans la journée.

    À un moment, un tram arrive.

    Ce n’est pas exactement la destination que nous attendions.

    Je regarde ma nièce et je lui dis simplement :

    « Allez, on tente. »

    Nous montons.

    Et finalement, c’était le bon choix.

    En repensant à cette journée, je réalise que nous avons trouvé une solution à chaque difficulté rencontrée.

    Pas toujours celle que nous avions prévue.

    Pas toujours la plus simple.

    Mais une solution malgré tout.

    Ce que les animaux nous apprennent sur la confiance

    C’est là que les animaux m’ont rappelé une leçon essentielle.

    Nos chiens et nos chats ne passent pas leur temps à imaginer tous les scénarios catastrophes possibles. Ils vivent dans le présent. Ils s’adaptent à ce qui se présente devant eux.

    Un chien équilibré ne se demande pas ce qui va se passer dans trois heures.

    Il observe, ajuste et avance.

    Et surtout, il s’appuie sur son guide lorsqu’il lui fait confiance.

    Ce soir-là, ma nièce faisait exactement la même chose.

    Elle observait mon état émotionnel.

    Si j’avais paniqué, elle aurait probablement paniqué davantage.

    Si j’avais perdu mes moyens, elle aurait perdu une partie des siens.

    Sans même m’en rendre compte, je suis devenue pour elle ce repère stable dont elle avait besoin.

    Et c’est peut-être cela qui m’a le plus marquée.

    Quelques heures plus tôt, lors du spectacle, un message m’était venu :

    « Fais-toi confiance. »

    Sur le moment, j’avais trouvé cette phrase inspirante.

    Mais c’est dans les rues de Bordeaux que j’en ai compris le véritable sens.

    Faire confiance à la vie ne signifie pas que tout se déroule parfaitement ou qu’il n’y aura plus d’imprévus.

    Mais faire confiance à la vie, c’est accepter de faire un pas de plus même lorsque l’on ne connaît pas encore la suite du chemin.

    C’est monter dans un tram sans être certaine de la destination et continuer à avancer lorsque le GPS ne fonctionne plus.

    C’est croire qu’une solution existe même lorsqu’on ne la voit pas encore.

    En rentrant, ma nièce m’a dit :

    « Finalement, tout s’est bien déroulé. »

    Et elle avait raison.

    Cette journée n’a pas été parfaite.

    Mais elle a été riche d’enseignements.

    Je n’ai peut-être pas redécouvert Bordeaux comme je l’espérais.

    En revanche, j’ai redécouvert quelque chose d’encore plus précieux :

    ma capacité à faire confiance à la vie.

    Et ça, aucun GPS ne pouvait me l’indiquer.

    J’ai choisi d’y croire.

  • Amour et respect : la leçon de nos animaux

    Amour et respect : la leçon de nos animaux

    Amour et respect. Deux mots que l’on associe rarement spontanément lorsqu’on parle de nos animaux… et pourtant.

    On parle souvent de l’amour immense que nos animaux nous portent.

    De ce chien qui attend son humain derrière la porte, de ce chat qui vient se blottir contre nous dans les moments difficiles, de cette fidélité silencieuse, parfois bouleversante, qui nous fait dire :

    “Il m’aime tellement.”

    Et oui, les animaux peuvent créer avec nous des liens d’une profondeur extraordinaire.

    Mais avec les années, en observant des centaines de relations entre humains et animaux, une évidence s’est imposée à moi :

    L’amour véritable ne peut exister durablement sans respect.

    Et ce respect ne fonctionne pas à sens unique.

    Car finalement… ce que vivent nos animaux avec nous raconte souvent beaucoup de ce que nous vivons entre humains.

    Aimer, ce n’est pas tout accepter

    Aujourd’hui, beaucoup de personnes confondent amour et absence de limites.

    Par peur de frustrer, par peur d’être rejetées, de ne plus être aimées.

    Alors on tolère, on laisse faire, on excuse, on minimise.

    Avec un animal, cela peut donner un chien qui impose ses règles, envahit l’espace, refuse toute frustration ou devient émotionnellement ingérable.

    Avec un humain… cela peut ressembler à autre chose.

    Une relation où l’on dit oui alors qu’on pense non, où l’on s’efface pour préserver le lien.

    Une relation où l’on accepte des comportements qui nous blessent, simplement parce qu’on aime.

    Et pourtant…

    L’amour n’a jamais été censé demander de s’effacer.

    Respecter l’autre… et se respecter soi-même

    Bien sûr, respecter un animal, c’est comprendre son langage, ses besoins, ses limites.

    Mais se respecter soi aussi fait partie de l’équation.

    Car une relation saine n’est jamais un sacrifice permanent.

    Et c’est exactement la même chose dans nos relations humaines.

    Le respect, ce n’est pas écraser l’autre.

    Mais ce n’est pas non plus s’écraser soi-même.

    C’est reconnaître que chacun existe.

    Que chacun a une place, des besoins, des limites, une sensibilité, un espace intérieur.

    Quand cette réciprocité disparaît, le lien se déséquilibre.

    Quand l’absence de respect se déguise en amour

    C’est probablement l’un des pièges les plus fréquents.

    Chez l’humain comme avec l’animal.

    On appelle amour ce qui ressemble parfois davantage à :

    de la dépendance, de l’attachement fusionnel, du besoin de contrôle,

    de la peur de perdre, ou simplement l’incapacité à poser un cadre clair.

    Combien de personnes disent :

    “Mais il m’aime tellement qu’il ne me quitte jamais.”

    En parlant d’un chien incapable de supporter la solitude.

    Ou d’un partenaire incapable de laisser respirer l’autre.

    Dans les deux cas, est-ce vraiment de l’amour ?

    Ou est-ce de l’insécurité émotionnelle ?

    D’ailleurs, ce sujet de la place de chacun dans la relation me fait penser à un podcast que j’ai enregistré récemment sur la notion de “propriété” autour du chien : est-ce vraiment “mon” chien, ou vivons-nous simplement une relation ? Si ce thème vous parle, vous pouvez retrouver le podcast Mon chien est à qui ? sur ma page Facebook Cécile Massoubre Instinct & Liberté.

    Le vrai respect rassure

    Un cadre juste n’abîme pas l’amour. Au contraire, il le sécurise.

    Un chien qui sait où sont les limites se détend.

    Un chat qui évolue dans un environnement lisible gagne en sérénité.

    Un humain qui sait qu’il peut exister sans être envahi respire.

    Le respect crée de la sécurité.

    Et la sécurité permet à l’amour de grandir sans peur.

    Ce que les animaux nous enseignent

    Tranquille et ivoire les meilleurs amis du monde mais parfois trop c’est trop !

    Les animaux ont quelque chose de profondément honnête.

    Ils ne jouent pas un rôle.

    Ils ne disent pas oui quand c’est non.

    Leur inconfort finit toujours par parler, leur confiance se mérite.

    Leur retrait aussi.

    Et c’est peut-être là leur immense enseignement.

    Ils nous montrent que l’amour n’est pas une fusion.

    Que le lien n’est pas la possession, que la proximité n’existe réellement que lorsqu’elle est libre.

    Et qu’un amour sans respect finit toujours par se fragiliser.

    Une question à se poser

    Peut-être que la vraie question est celle-ci :

    Dans mes relations, est-ce que je confonds parfois amour et tolérance excessive ?

    Avec mon animal, avec les autres, avec moi-même.

    Parce que le respect mutuel n’est pas une froideur.

    C’est au contraire ce qui permet au lien de rester vivant, sain… et profondément aimant.

    Nos animaux nous rappellent parfois avec beaucoup de simplicité ce que nous oublions dans nos relations humaines :

    On peut aimer énormément… sans jamais cesser de se respecter.

    J’ai choisi d’y croire.

  • Stress et charge mentale : quand le vivant nous aide à retrouver l’apaisement

    Il y a des matins où tout semble plus lourd.

    Le ciel est gris. L’énergie aussi.

    Le mental commence à tourner en boucle. Les projections financières s’invitent sans prévenir. Les “et si…” prennent de plus en plus de place. Le corps, lui, reste en tension, même lorsque l’on sait parfaitement que s’inquiéter ne résout rien.

    Si vous avez déjà vécu cela, vous savez exactement de quoi je parle.

    Le stress et la charge mentale ne concernent pas uniquement les personnes débordées par leur emploi du temps. Ils peuvent aussi apparaître lorsque l’on porte trop émotionnellement, lorsque l’on traverse une période d’incertitude ou lorsque les peurs prennent plus de place que le présent.

    Quand marcher devient une réponse simple au stress et à la charge mentale

    Ce matin-là, j’ai choisi quelque chose de simple : marcher.

    Je suis partie avec Asher, mon fidèle compagnon malvoyant, écouter un soin audio centré sur les peurs.

    Pour Asher la vie est sans stress

    Au fil des pas, quelque chose a commencé à changer.

    Mes épaules se sont relâchées, ma respiration est devenue plus profonde.

    Puis j’ai croisé un petit lézard de muraille, immobile sur une pierre, simplement occupé à capter un peu de chaleur malgré la fraîcheur du matin.

    Merci Hélène pour cette jolie photo

    Et puis il y a eu cet instant inattendu.

    J’ai fermé les yeux. D’abord quelques pas, puis davantage.

    Faire confiance au chemin, à mon chien, à la vie.

    Sentir simplement le sol sous mes pieds, ses irrégularités, ses reliefs, le présent.

    Et au-dessus de moi, un milan royal est apparu, porté par les courants.

    Comme un rappel silencieux : parfois, lutter davantage n’est pas la solution. Il faut apprendre à se laisser porter autrement.

    Ce que les animaux nous enseignent sur le stress et l’apaisement

    Les animaux nous ramènent souvent à quelque chose d’essentiel : l’instant présent.

    Ils ne ressassent pas l’hier, n’anticipent pas le pire en boucle.

    Ils vivent.

    Dans mon livre Là où les chiens m’ont conduite, je raconte combien les animaux nous enseignent parfois bien plus que ce que nous imaginons, simplement par leur présence, leur résilience et leur manière d’habiter pleinement l’instant.

    C’est sans doute pour cela que, depuis des années, au fil de mes accompagnements, je rencontre souvent derrière les problématiques animales… des humains profondément fatigués.

    Quand le stress devient un poids trop lourd à porter seul

    Derrière un comportement, derrière une difficulté, derrière un mal-être parfois diffus, il y a souvent :

    une charge mentale constante, des peurs qui tournent en boucle,

    des blocages émotionnels, une fatigue profonde,

    des tensions physiques amplifiées par le stress,

    ou simplement ce sentiment d’être intérieurement saturé.

    Parler. Déposer. Comprendre ce qui se joue.

    Retrouver de la clarté.

    Parfois, cela change énormément.

    Ce que nos animaux révèlent parfois de nous

    Si je partage ce moment avec vous, ce n’est pas uniquement pour raconter une jolie promenade.

    C’est parce qu’au fil des années, en tant que comportementaliste animalier, j’ai appris une chose essentielle : nos animaux nous ramènent souvent à nous-mêmes.

    Ils nous montrent nos tensions, nos incohérences, nos peurs, notre difficulté à ralentir, notre besoin de contrôle.

    Et parfois aussi notre capacité oubliée à faire confiance.

    Ce matin-là, guidée par mon chien malvoyant, les yeux fermés, j’ai ressenti quelque chose de profondément simple : lorsque l’on cesse de lutter contre tout ce qui nous traverse, un autre équilibre peut apparaître.

    C’est aussi ce que j’observe souvent dans mon travail autour de la relation humain-animal.

    Derrière certains comportements, certaines incompréhensions ou certaines tensions, il y a parfois bien plus qu’un simple “problème de chien” ou “problème de chat”.

    Il y a une relation à réajuster, une communication à retrouver, n cadre à reconstruire.

    Et parfois, une invitation à se regarder autrement.

    Si votre compagnon vous met face à des comportements que vous ne comprenez plus, ou si la relation est devenue source de tension ou d’inquiétude, c’est peut-être simplement le moment d’y voir plus clair.

    C’est précisément là que mon métier commence.

    J’ai choisi d’y croire.

  • Balade canine : quand les chiens refusent le contact

    Balade canine : quand les chiens refusent le contact

    Retour de balade

    Lors de la dernière balade canine ludo-éducative que j’ai animé, j’ai vécu une situation extrêmement intéressante.

    Le genre de moment qui nous rappelle, avec beaucoup d’humilité, que même après des années d’expérience, les chiens restent des êtres vivants, sensibles, rapides, et infiniment plus subtils qu’on ne l’imagine.

    L’idée semblait simple.

    Permettre à une jeune femelle malinoise de faire quelques interactions sociales encadrées avec des chiens connus, équilibrés, habitués aux rencontres.

    D’abord, un petit bulldog français mâle, habituellement très joueur, sociable, plutôt bon vivant.

    Et pourtant…

    En une fraction de seconde, le ton est monté.

    Grognements, tension, posture claire : pas question de jouer.

    La jeune chienne a tenté une approche, puis elle est revenue chercher le soutien de son humain.

    Nous avons alors essayé avec un autre chien.

    Un grand mâle, habitué aux contacts, vivant avec une petite femelle au quotidien, généralement plutôt tolérant.

    Même constat.

    Réaction immédiate, ferme, sans ambiguïté.

    J’ai immédiatement demandé à ce que l’on arrête les interactions.

    Parce qu’en tant que professionnelle, lorsque j’anime une balade canine ludo-éducative, mon rôle n’est pas de “laisser faire pour voir”.

    Mon rôle est d’observer, de lire… et d’anticiper.

    La jolie Kimey

    Les chiens ne mentent pas… mais ils ne pensent pas comme nous

    Humainement, notre premier réflexe est souvent de projeter.

    “Mais d’habitude il est gentil.”
    “Il joue avec tout le monde.”
    “Je ne comprends pas.”

    Pourtant, les chiens ne fonctionnent pas avec nos raisonnements.

    Ils lisent des micro-signaux que nous percevons à peine :

    • postures
    • tensions musculaires
    • regard
    • déplacements
    • gestion de l’espace
    • intentions

    En quelques secondes, ils évaluent une interaction.

    Cela ne signifie pas qu’ils “jugent”.

    Cela signifie qu’ils communiquent selon leur langage.

    Et parfois, leur message est très clair :

    “Non.”

    Une rencontre canine n’est jamais une évidence

    C’est précisément pour cela que, lors de chaque balade canine ludo-éducative que j’encadre, je rappelle une chose essentielle :

    On ne lâche jamais des chiens inconnus ensemble en supposant que tout ira bien.

    Même un chien habituellement sociable peut réagir différemment selon :

    • le contexte
    • son état émotionnel
    • l’énergie de l’autre chien
    • la tension des humains
    • la lecture qu’il fait de la situation

    Et tout peut basculer en moins d’une seconde.

    Ce n’est pas du catastrophisme.

    C’est du respect du vivant.

    Le gentil Milo et ses copains de bains

    Et si nous faisions pareil entre humains ?

    C’est là que cette scène m’a profondément touchée.

    Parce que, finalement, nous aussi, nous ressentons immédiatement certaines choses.

    Certaines personnes nous mettent spontanément à l’aise.

    D’autres activent une vigilance difficile à expliquer.

    Parfois sans raison rationnelle immédiate, notre corps capte, le système nerveux lit.

    Notre intuition murmure.

    Mais contrairement aux chiens, nous avons appris à douter de nos ressentis.

    À sourire alors que quelque chose crispe, à ignorer le malaise.

    À vouloir absolument “faire fonctionner” la rencontre.

    Les chiens, eux, sont beaucoup plus honnêtes.

    Le vrai message

    Le message de cette expérience n’était pas :

    “Cette jeune chienne est problématique.”

    Absolument pas.

    Le message était :

    Toutes les rencontres ne sont pas compatibles.
    Tous les chiens ne doivent pas jouer ensemble.
    Et notre rôle d’humain est d’encadrer, pas d’espérer.

    Ce type de situation, je l’ai vécu de nombreuses fois au fil de mon parcours.
    Dans mon livre Là où les chiens m’ont conduite, je partage justement ces expériences de terrain qui m’ont appris à observer, comprendre et respecter le langage des chiens au quotidien.

    Comme dans la vie.

    Toutes les relations ne sont pas faites pour fusionner.

    Toutes les personnes ne sont pas faites pour entrer dans notre espace.

    Et poser une limite n’est pas une violence.

    C’est parfois une forme d’intelligence.

    Le vivant nous le rappelle chaque jour.

    Si nous acceptons de l’écouter.

    J’ai choisi d’y croire.

  • Quand changer de cap ouvre une autre porte

    Quand changer de cap ouvre une autre porte

    Il y a des jours où la vie nous emmène exactement là où nous devons être… même si, au départ, on avait prévu tout autre chose .

    “Je ne savais pas encore que cette journée allait m’offrir une rencontre inattendue.”

    Nous avions décidé, il y a quelques mois, d’aller au bord de la mer pour le week-end du 1er mai. Un besoin d’air, d’horizon, de mouvement.

    Et puis, la réalité nous a doucement rattrapés. Le prix du carburant, le quotidien… Alors nous avons choisi de rester. Un choix simple, presque banal.

    Et pourtant…

    Quelques jours plus tôt, jeudi, chez une cliente, une conversation s’ouvre autour de la Grappe de Cyrano, à une trentaine de kilomètres à peine.

    Comme une évidence déposée là, sans bruit.

    Alors on décide de ne pas aller chercher loin ce qui existe déjà tout près. De remplacer les 300 kilomètres par 30. De remplacer “ailleurs” par “ici”. Et de vivre, pleinement.

    Ressentir… comme si c’était nous

    Nous sommes arrivés en avance. Une place parfaite, juste devant les bosses.

    Et là… quelque chose se passe.

    Les motos s’élancent. Les corps se tendent. Les machines décollent. Des sauts, jusqu’à 25 mètres de long.

    Mais ce n’était pas seulement un spectacle. C’était une expérience.

    Parce que dans les premiers passages, ce n’était pas eux… c’était moi. Je sentais l’élan, la peur, l’adrénaline. Comme si mon corps traversait l’air avec eux. Comme si mon cœur ne faisait plus de différence entre “regarder” et “vivre”.

    Et je me suis rappelé quelque chose d’essentiel : nous ne sommes pas spectateurs de la vie. Nous sommes traversés par elle.

    Notre corps sait.

    Notre cœur ressent.

    Même à distance.

    Une rencontre inattendue

    Et puis, au milieu de cette intensité… je me retourne.

    Et je le vois.

    Un ancien client. Une personne que je reconnais immédiatement. Et avec lui, tout un pan de vie revient.

    Dix années,Dix années à accompagner, à comprendre, à ajuster. Dix ans à travailler ensemble pour aider des chiens cabossés par la vie.

    Mais surtout… une famille hors du commun.

    Hommage à ceux qui donnent sans compter

    Je voudrais prendre un instant ici pour leur rendre hommage.

    Parce que certaines personnes ne font pas “juste leur métier”. Elles incarnent quelque chose de plus grand.

    Monsieur et Madame étaient médecins. Ils ont sauvé des humains. Mais ils ne se sont pas arrêtés là.

    Ils ont aussi sauvé des vies animales. Beaucoup.

    Des chevaux, arrachés à l’abattoir, des chiens, promis à l’euthanasie. Des chats, des dizaines, recueillis, soignés, aimés.

    Sans compter. Sans calculer. Juste parce que c’était juste.

    J’ai eu la chance d’intervenir chez eux. D’apporter ma pierre. Et eux… ils faisaient le reste.

    Avec une générosité rare. Une implication totale. Un amour profond du vivant.

    Plusieurs chapitres de mon livre Là où les chiens m’ont conduite portent l’empreinte de leurs chiens. Des chiens que nous avons accompagnés ensemble, qui ont traversé des épreuves, et qui, chacun à leur manière, ont contribué à faire de moi la professionnelle que je suis aujourd’hui.

    J’ai adopté un de leurs chats. Nous en avons fait adopter d’autres ensemble. Et aujourd’hui encore, je pense à eux, souvent. Avec respect, avec gratitude, avec affection.

    Ce que la vie nous murmure

    Ce jour-là, je n’étais pas au bord de la mer.

    Et pourtant, j’ai ressenti une vague. Une vague d’émotions, de souvenirs, de reconnexion.

    Comme si la vie me disait : tu n’as pas besoin d’aller loin pour vivre quelque chose de grand. Regarde autour de toi… tout est déjà là. Et n’oublie pas ceux qui ont marqué ton chemin.

    Parce que ce n’était pas un hasard. Ni le changement de plan, ni l’événement et encore moins, la rencontre inattendue.

    C’était un enchaînement. Une suite logique invisible. Une synchronicité.

    En premier lieu, si au lieu de chercher toujours plus loin… on apprenait à voir ce qui est déjà là ?

    Et si chaque changement de plan n’était pas une contrainte… mais une redirection ?

    Et si chaque rencontre n’était pas un hasard… mais un rappel ?

    Ce jour-là, je ne suis pas allée à la mer. Mais je me suis reconnectée au vivant, à l’émotion, à la mémoire, à la gratitude.

    Et ça… ça n’a pas de prix.


    J’ai choisi d’y croire.

  • Fleurs de Bach pour les animaux : un chemin intérieur vers la transmission

    Fleurs de Bach pour les animaux : un chemin intérieur vers la transmission

    Ces derniers jours, quelque chose a bougé en moi.… et cela m’amène aujourd’hui à transmettre autrement, notamment autour des fleurs de Bach pour les animaux.

    Un week-end de formation, des échanges, des prises de conscience… et cette sensation étrange d’être à la fois exactement à ma place, et en train de quitter une ancienne version de moi-même.

    Pendant longtemps, j’ai associé la reconnaissance à l’action.
    Faire. Réussir. Être à la hauteur.

    Avec les chiens, notamment.
    C’est là que tout a commencé pour moi. C’est là que j’ai appris, très jeune, à “bien faire”. Peut-être aussi à être reconnue.

    Aragorn et Euil de Nuit en 2009

    D’ailleurs, c’est tout un chemin que je raconte dans mon livre « Là où les chiens m’ont conduite« , où je reviens sur ces années qui m’ont construite… et sur ce que les chiens m’ont appris, bien au-delà de l’éducation.

    Et aujourd’hui, je me rends compte que quelque chose est en train de se transformer.

    Je continue d’accompagner, bien sûr.
    Je continue d’observer, de ressentir, de comprendre.
    Mais il y a autre chose qui émerge. Quelque chose de plus subtil, de plus intérieur.

    Dans mon travail avec les animaux, je vois depuis longtemps à quel point leurs comportements sont liés à leurs émotions.
    Un chien qui s’agite, un chat qui marque, un animal qui s’isole… ce ne sont pas “juste” des comportements. Ce sont des messages.

    Tranquille le scottish fold

    Fleurs de Bach pour les animaux : une approche sensible des émotions

    Et parmi les outils que j’utilise depuis des années, il y en a un qui me touche particulièrement : les Fleurs de Bach.

    Parce qu’elles permettent d’accompagner ces états émotionnels avec douceur, elles respectent le rythme de l’animal et parce qu’elles viennent soutenir sans contraindre.

    Je les utilise avec les chiens, avec les chats… et à chaque fois, je suis touchée par la justesse de ce qu’elles révèlent.

    Alors peut-être que tout ce chemin m’amène simplement là.

    À transmettre.

    Pas de manière parfaite.
    Pas en ayant réponse à tout.
    Mais en partageant ce que je vois, ce que je ressens, ce que j’ai expérimenté.

    C’est dans cet esprit que je proposerai une première journée :

    Fleurs de Bach & animaux — comprendre, ressentir, accompagner

    📅 Le 04 juillet

    Une journée pour apprendre à observer autrement, à faire le lien entre émotions et comportements, et à utiliser concrètement les Fleurs de Bach avec les animaux.

    Ce sera simple. Pratique. Vivant.

    Et si cela résonne pour vous, vous pouvez me contacter pour en savoir plus ou réserver votre place.

    Peut-être que ce n’est qu’une étape de plus dans mon chemin.
    Mais aujourd’hui, elle me semble juste.

    Et au fond, tout ce que je transmets aujourd’hui… prend racine dans ce que j’ai vécu hier.

    J’ai choisi d’y croire.

  • Revenir à soi, sans effort

    Revenir à soi, sans effort

    Il y a des moments dans une vie où il ne se passe rien d’extraordinaire…
    et pourtant, tout change.

    Ces derniers jours, j’ai vécu quelque chose de difficile à expliquer avec des mots.
    Quelque chose de doux. De profond. De presque invisible…
    comme un retour à l’essentiel, une manière de revenir à soi, sans même le chercher, mais qui transforme tout.

    Revenir à soi : un basculement intérieur inattendu

    Je suis partie quelques jours dans des lieux chargés de silence, de présence, comme le Mont-Saint-Michel,
    et d’autres espaces propices au recueillement.

    Je n’y allais pas pour chercher quelque chose de précis.
    Et pourtant… quelque chose m’y attendait.

    À certains moments, simplement assise, présente…
    il s’est passé quelque chose de particulier.

    Comme un état entre veille et sommeil.
    Entre conscience et rêve.

    Je n’étais plus tout à fait dans le mental…
    mais pas complètement ailleurs non plus.

    Et dans cet espace-là… des images sont venues.

    Un gouvernail qui tourne.
    Des vagues. Des rochers. Puis l’eau… vaste, vivante.

    Comme immergée dans une autre perception,
    presque comme un rêve éveillé.

    Et au cœur de cet espace, une sensation très claire :

    lâcher le contrôle,
    faire confiance,
    se laisser porter,

    Sans passer par la réflexion.

    C’est souvent dans ces états-là, justement, que l’on commence à revenir à soi, sans même s’en rendre compte.

    Dans ces lieux, il y a du mouvement.
    Des gens, des pas, des regards.

    Et pourtant… un silence s’installe.

    Pas autour.
    À l’intérieur.

    Peu à peu.

    Je n’étais plus dans la recherche.
    Je n’étais plus dans l’attente.

    J’étais simplement là.

    Et dans cette présence, quelque chose s’apaisait.
    Comme si revenir à soi ne demandait finalement aucun effort.

    Quand rentrer chez soi prend un autre sens

    Et puis je suis rentrée chez moi.

    Et immédiatement, je l’ai ressenti :

    “Je suis tellement heureuse d’être chez moi”

    Mais ce n’était pas seulement la maison.

    C’était… moi.

    Comme si ce chemin extérieur m’avait permis, en réalité,
    de revenir à moi intérieurement.

    A mon arrivée, mes animaux ont réagi… Pas comme d’habitude.

    Un léger décalage.
    Comme s’ils percevaient un changement.

    Quand on vit avec eux, on le sait :
    ils ne réagissent pas à ce que l’on montre,
    ils réagissent à ce que l’on est.

    Puis ils sont revenus.
    Rapidement.
    Ils se sont rapprochés.

    Comme s’ils s’ajustaient à quelque chose de nouveau.

    Le lendemain matin, en me levant,
    un merle est venu se poser devant ma fenêtre.

    Un instant simple.
    Mais profondément juste.

    Comme un accueil.

    Comme si le vivant venait simplement confirmer :
    quelque chose s’est ouvert.

    Un peu plus tard, en sortant,
    un Faucon crécerelle était là, posé sur son fil.

    Immobile.
    Présent.
    Précis.

    Il ne faisait rien.

    Il observait.

    Et dans cette simple présence… il y avait tout.

    Pas de précipitation.
    Pas d’effort.
    Juste la justesse du moment.

    Parfois, le vivant s’exprime là où on ne l’attend pas.
    Dans un trait, dans une couleur, dans un regard dessiné sans réfléchir.

    Merci Enola

    Cet œil… dessiner par ma nièce, c’est peut-être simplement un rappel.
    Celui de voir autrement.
    De ressentir au-delà.
    De revenir à soi, sans effort.

    Quand les rêves prolongent le chemin

    Cette nuit-là, les rêves ont prolongé ce que j’avais vécu.

    Un chien qui court derrière une voiture, jusqu’à l’épuisement,
    jusqu’à ce que le rythme ralentisse enfin et qu’il puisse monter.

    Puis un jeu où l’on cherche à gagner, à tricher,
    avant de comprendre qu’il faut jouer ensemble.

    Une maison belle en apparence… mais mal adaptée.

    Et au milieu de tout cela… un piano.

    Un son pur.
    Clair comme de l’eau.
    Léger. Vibrant.

    Comme une fréquence que le corps reconnaît immédiatement.

    Puis un autre rêve.

    Deux espaces.

    Je prépare le mien, avec soin.
    Et la vie me déplace.

    Sur le moment, cela me surprend.

    Et puis… je découvre autre chose.

    Un espace plus simple.
    Plus naturel.

    Et finalement… je suis bien.

    Parce que je n’ai plus besoin de tenir. Ni de contrôler.

    Juste d’être.

    Je crois que ce que j’ai vécu… ce n’est pas quelque chose d’exceptionnel.

    C’est quelque chose de profondément humain.

    Un retour… À soi.
    Au corps.
    À une forme de simplicité oubliée.

    Moins dans le faire.
    Moins dans l’effort.

    Plus dans la présence, dans l’observation, dans la sensation.

    Et peut-être que revenir à soi n’est pas quelque chose à apprendre…
    mais simplement à se rappeler.

    Si je devais mettre des mots sur ce que je ressens aujourd’hui :

    clair comme de l’eau
    léger
    vibrant

    Et peut-être que cet état n’est pas à atteindre…

    mais simplement à laisser émerger.

    J’ai choisi d’y croire.

  • Premières ventes de mon livre : une émotion inattendue

    Ce week-end et encore aujourd’hui, j’ai vécu les premières ventes de mon livre : Là où les chiens m’ont conduite.

    Quelques exemplaires.

    Et pourtant, ce n’est pas “juste” quelques ventes.

    C’est quelque chose de beaucoup plus profond qui s’est passé à l’intérieur de moi.

    Parce que ce livre, je ne l’ai pas écrit en quelques semaines.

    Je l’ai porté pendant deux ans.

    Deux ans de réflexions, de souvenirs, d’émotions, à revisiter mon parcours, les chiens qui ont croisé ma route, les histoires qui m’ont construite, transformée, parfois bouleversée.

    Deux années à essayer de mettre des mots sur quelque chose qui, au départ, ne s’explique pas vraiment. Ce lien entre l’humain et l’animal. Cette sagesse animale que j’essaie aujourd’hui de transmettre.

    Alors forcément, quand quelqu’un achète ce livre, ce n’est pas un simple achat.

    C’est une rencontre.

    Et je me suis surprise à ressentir quelque chose de très simple, mais très fort.

    De la gratitude.

    Pas pour ce que ça pourrait amener ensuite. Pas pour imaginer “et si…” ou “peut-être que…”

    Juste pour ce qui est.

    Parce qu’à cet instant précis, quelque part, une personne a choisi de me lire. De me faire confiance. De prendre un morceau de mon histoire entre ses mains.

    Et ça, ça n’a pas de prix.

    Et si j’arrêtais de faire des suppositions

    J’ai aussi observé mon mental, bien sûr.

    Celui qui commence à imaginer la suite. Qui se demande si ces personnes en parleront autour d’elles, si d’autres livres seront offerts, si ça va grandir…

    Et là, j’ai souri.

    Parce que, comme le dit quelqu’un que je connais bien…, on ne fait pas de suppositions…

    Bon… disons qu’on essaie.

    Parce que clairement, le mental, lui, il adore faire des films. Et souvent, il a déjà écrit la suite avant même qu’on ait fini le premier chapitre.

    Mais cette fois, j’ai choisi de revenir à quelque chose de plus simple.

    Aujourd’hui, quelques livres ont trouvé leur chemin. Et ces premières ventes de mon livre représentent déjà énormément pour moi.

    Et c’est déjà beaucoup.

    En conclusion,j’ai envie de dire merci.

    Je suis reconnaissante envers celles et ceux qui ont acheté mon livre ces jours-ci. Merci pour votre confiance. Merci pour votre curiosité, pour avoir ouvert cette porte.

    Et moi, je reste là.

    Dans cette joie tranquille. Dans cette reconnaissance sincère,sans attendre la suite, mais en restant ouverte à ce qu’elle sera.

    Parce que, comme toujours avec le vivant, les choses se font au bon moment.

    J’ai choisi d’y croire.

  • Et si nos chats nous apprenaient à vivre dans l’instant présent ?

    Et si nos chats nous apprenaient à vivre dans l’instant présent ?

    Jivago

    L’intelligence émotionnelle des chats se révèle souvent dans des moments très simples…

    Ce matin-là, sans le savoir, j’allais être ramenée à quelque chose d’essentiel : l’instant présent.

    Je suis assise à ma table, dans ce moment suspendu entre la nuit et le jour, là où tout est encore calme.

    Et puis, sans prévenir, il arrive.

    Jivago.
    Le papa de Mirabelle.

    Il saute doucement, s’installe à côté de moi

    Ne fait pas de bruit.
    Ne réclame pas.

    Il s’assoit.
    Il me regarde.
    Et il attend.

    Je souris.

    Parce que je sais.

    Jivago ne vient pas par hasard.
    Il ne vient pas à heure fixe.

    Il vient quand il en ressent le besoin.

    👉 Il vient pour son médicament.

    Je prends son petit traitement (Coryzalia), je lui donne, je pose ma main sur lui quelques secondes.

    Et il repart.

    Simplement.

    Sans agitation.
    Sans insistance.

    Comme quelqu’un qui est parfaitement à l’écoute de lui-même.

    Il ne parle pas… mais il ressent

    Jivago n’a jamais appris à “demander”.

    Et pourtant, il sait.

    Il ne suit pas une horloge.
    Il ne suit pas une règle.

    Il suit son corps.

    Quand il en a besoin, il vient.
    Quand il n’en a pas besoin, il vit sa vie.

    Il sait aussi demander de l’eau quand il en manque.
    Il sait demander la pâtée.
    Il sait venir chercher un contact.

    Toujours de la même manière :

    il s’assoit, il regarde, il attend.

    Sans stress.
    Sans débordement.

    Juste une présence posée.

    Et là encore, je me dis…

    Combien d’entre nous savent encore s’écouter à ce point-là ?

    Les chats vivent là où nous avons du mal à rester

    Les chats ne vivent pas dans le passé.
    Ils ne vivent pas dans le futur.

    Ils vivent dans l’instant présent.

    Complètement.

    Ils ne se racontent pas d’histoire.
    Ils ne s’anticipent pas.
    Ils ne se projettent pas.

    Ils ressentent ce qui est là.
    Et ils s’y ajustent.

    C’est pour ça que leur intelligence émotionnelle est si juste.

    Parce qu’elle n’est pas brouillée par le mental.

    Elle est directe.

    Et puis il y a Kitchen

    Kitchen, c’est une autre histoire.

    Une petite chatte abîmée.
    Méfiante. Sur la retenue.

    Avec elle, rien n’est jamais acquis.

    Alors quand je la vois, ce matin-là, faire des allers-retours à la litière, quand je vois ces spasmes, cette gêne, je comprends que quelque chose ne va pas.

    J’appelle le vétérinaire.
    Rendez-vous à 18h.

    Il est encore tôt.

    Et dans cet espace entre deux, je choisis simplement d’être là avec elle.

    Présente.
    Disponible.
    Sans chercher à forcer quoi que ce soit.

    Je m’installe, et je lui propose un moment d’harmonisation.

    Un moment simple.
    Un moment où je me rends totalement disponible à ce qu’elle vit.

    Le moment où elle choisit

    Et là, quelque chose d’inattendu se produit.

    Kitchen s’approche.

    Doucement.
    Prudemment.

    Mais elle vient.

    Elle ne fuit pas.
    Elle ne se cache pas.

    Elle reste.

    Je pose ma main sur elle.

    Et pendant ce moment d’harmonisation, elle se détend.

    Elle accepte.
    Elle relâche.

    Comme si, pour la première fois, elle me disait :

    d’accord… je peux lâcher un peu.

    Un peu plus tard, je vois un premier signe.

    Un peu d’urine dans la litière.

    Quelque chose s’est débloqué.

    Chez le vétérinaire, la confirmation tombe :

    sa vessie est normale.

    On parle hydratation.
    On parle territoire.

    Je sais déjà.

    Je sais que son corps parlait.

    Le lendemain, elle n’est plus la même

    Le lendemain matin, Kitchen revient vers moi.

    Mais autrement.

    Son regard est différent.
    Sa posture aussi.

    Il y a moins de distance.
    Plus de douceur.
    Plus de confiance.

    Comme si elle avait intégré :

    tu es quelqu’un de sûr.

    Et ça ne se force pas.

    Ça se ressent.

    Ce que les chats comprennent sans qu’on dise un mot

    Les chats vivent dans l’instant présent.

    Et c’est précisément pour ça qu’ils perçoivent avec autant de finesse.

    Ils ressentent nos intentions.
    Ils captent notre état intérieur.
    Ils s’ajustent à notre présence réelle, pas à nos mots.

    Jivago s’écoute.
    Kitchen fait confiance quand elle le peut.

    Ils ne réfléchissent pas comme nous.

    Ils vivent.

    Et dans cet espace-là, tout est clair.

    Et si leur intelligence était une invitation

    Une invitation à ralentir.
    À revenir ici.
    Maintenant.

    À sortir du mental pour revenir au ressenti.

    Peut-être que l’intelligence émotionnelle des chats n’est pas quelque chose à comprendre.

    Mais quelque chose à retrouver.

    Savoir s’écouter vraiment.
    Savoir demander quand c’est juste.
    Savoir être là, pleinement.

    C’est peut-être ça, la vraie intelligence.

    J’ai choisi d’y croire.

  • Quand un chat s’en va… et laisse une empreinte dans le vivant

    Quand un chat s’en va… et laisse une empreinte dans le vivant

    Mirabelle, ou l’amour qui ne s’éteint pas

    Le deuil animal est une épreuve profonde, souvent difficile à expliquer avec des mots. Quand on le traverse, ce n’est pas seulement un compagnon que l’on perd, c’est une présence, un lien, une part de notre quotidien.

    Mirabelle m’a quittée.

    Ma belle Maine Coon.
    Dix années de présence, de douceur, de regard profond…
    et puis, doucement, son corps a lâché.

    Une insuffisance rénale.

    Un mot presque froid pour décrire quelque chose d’infiniment vivant :
    un être qui s’éteint lentement… entouré d’amour.

    Ces derniers jours, je l’ai accompagnée autrement.

    Je ne me suis pas battue contre.
    Je ne me suis pas accrochée.
    J’ai choisi d’être là.

    Présente.
    Disponible.
    Dans l’instant.

    Elle ne mangeait presque plus.

    Tenait à peine debout.
    Mais elle était là.

    Et moi aussi.

    Accompagner la fin de vie… autrement

    À un moment donné, je suis allée chez le vétérinaire, qui a posé le diagnostic.

    Parce que, comme beaucoup, dans un deuil animal, je me suis posé la question :
    est-ce qu’il faut l’aider à partir ?

    Le vétérinaire m’a proposé l’euthanasie.

    C’était une possibilité.
    Une option.
    Une porte.

    Mais à cet instant-là…
    ni elle, ni moi, n’étions prêtes.

    Il n’y avait pas d’urgence violente.
    Pas de détresse extrême.

    Juste une fin de vie… lente… naturelle.

    Alors j’ai écouté.

    Pas avec ma tête.
    Avec mon cœur.

    Et j’ai choisi de la ramener à la maison.

    Être là, jusqu’au bout

    On a souvent peur de ces moments.

    Peur de la souffrance.
    Peur de mal faire.
    Peur de regretter.

    Mais ce que j’ai vécu avec Mirabelle m’a rappelé quelque chose d’essentiel :

    👉 accompagner, ce n’est pas retenir
    👉 aimer, ce n’est pas empêcher de partir quand le moment se présente.

    C’est offrir un espace sécurisant…
    où l’animal peut simplement être, jusqu’au bout.

    Elle est partie chez elle.
    Entourée.
    Dans une atmosphère douce.

    Et ça… ça change tout.

    Ce que les autres animaux savent déjà

    Ce qui m’a profondément touchée,
    c’est le comportement de mes autres chats.

    Ils sont venus.

    Pas tous.
    Mais certains, comme Saturne… ne m’ont pas quittée.

    Présence silencieuse.
    Regard doux.
    Corps contre le mien.

    Comme s’ils savaient.

    Comme s’ils accompagnaient eux aussi, à leur manière.

    Les animaux ont cette intelligence du cœur
    que nous avons parfois oubliée.

    Ils ne cherchent pas à comprendre.
    Ils ressentent.

    Et ils soutiennent.

    Le signe dans l’arbre

    Et puis… il y a eu ce moment.

    Après son départ, en me promenant,
    mon regard s’est posé sur un arbre.

    Et là…

    J’ai vu une forme.

    Un chat.

    Comme inscrit dans l’écorce.

    Certains diront que ce n’est rien.
    Une illusion.
    Un hasard.

    Et ils n’auraient pas tout à fait tort.

    Ce phénomène porte un nom : la paréidolie.
    C’est cette capacité naturelle du cerveau à reconnaître des formes familières — des visages, des animaux — dans ce qui, à l’origine, n’est qu’un jeu de textures, de lumière et d’ombres.

    C’est ce qui nous fait voir des visages dans les nuages…
    ou des silhouettes dans les murs.

    Entre le visible et l’invisible

    Mais parfois… ce n’est pas que ça.

    Parce que tout le monde ne voit pas la même chose.
    Et surtout… pas au même moment.

    Pourquoi un chat, ici ?
    Pourquoi maintenant ?

    Dans ces moments-là, je ne cherche plus à savoir si c’est “réel” ou non.

    Je ressens.

    Et ce que j’ai ressenti, c’est que même pendant ce deuil animal la relation ne s’efface pas :

    👉 le vivant communique
    👉 la présence ne disparaît pas
    👉 le lien continue, autrement

    L’arbre, enraciné dans la terre et ouvert vers le ciel…
    comme un passage.

    Et au milieu, cette empreinte.

    Comme un pont entre deux mondes.

    Ils ne partent pas vraiment

    Depuis, quelque chose est différent.

    Je suis triste, bien sûr.
    Mais apaisée aussi.

    Parce que je ne ressens pas un vide.

    Je ressens une présence différente.

    Plus subtile.
    Moins visible.
    Mais bien là.

    Mirabelle est dans :

    • le silence de la maison
    • la douceur des moments calmes
    • les regards de mes autres chats
    • et dans cette sensation d’amour… intacte

    Transmettre autrement

    Ce que m’a offert Mirabelle, dans son départ,
    c’est une leçon de vie.

    Ralentir.
    Ressentir.
    Être là.

    Ne pas lutter contre ce qui est…
    mais l’accompagner avec conscience.

    C’est exactement ce que les animaux nous enseignent,
    si nous acceptons de les écouter.

    Et si c’était ça, le lien ?

    Mirabelle est son papa

    Pas quelque chose que l’on possède.
    Pas quelque chose que l’on perd.

    Mais quelque chose que l’on traverse.

    Un lien vivant.
    En mouvement.
    Qui change de forme…
    mais qui ne disparaît jamais.

    Mirabelle m’a quittée.
    Mais elle ne m’a pas laissée.

    Et dans le creux d’un arbre…
    elle me l’a doucement rappelé.

    J’ai choisi d’y croire. 💛