Faire confiance à la vie est souvent plus facile à dire qu’à faire.
Comme beaucoup de personnes, j’aime savoir où je vais, anticiper, prévoir. Pourtant, il arrive parfois que la vie nous rappelle que nous ne contrôlons pas tout… et que ce n’est pas forcément un problème.
C’est exactement ce que j’ai vécu lors d’une journée à Bordeaux avec ma nièce de 15 ans.
Nous étions parties pour assister au spectacle V.I.E. de Bernard Werber au Théâtre Fémina. Une sortie tranquille, une balade dans Bordeaux, un repas, puis le spectacle avant de rentrer à la maison.
Du moins, c’était le programme.
Quand rien ne se passe comme prévu
À peine arrivées au parc relais, premier imprévu : le tram est interrompu à cause d’une grande manifestation. Nous devons descendre plus tôt que prévu et poursuivre à pied.
Puis arrive le deuxième imprévu.
J’avais oublié les billets du spectacle à la maison.
Pendant plusieurs minutes, je cherche désespérément une solution. Impossible de retrouver facilement la réservation. Finalement, j’appelle mon mari qui retrouve les billets imprimés et m’envoie une photo.
Première leçon : un problème n’est pas forcément une catastrophe.
Souvent, il attend simplement que nous trouvions une autre porte d’entrée.
Nous poursuivons notre chemin au milieu d’une foule impressionnante. Entre les manifestations, l’animation du centre-ville et les milliers de personnes présentes ce jour-là, Bordeaux ne ressemblait pas vraiment à la ville paisible que j’avais connue autrefois.
Ma nièce, qui vit à la campagne, n’était pas particulièrement rassurée par cette agitation permanente.
Pourtant, nous avons continué.
Pas à pas.
Nous avons trouvé le théâtre, nous avons mangé et profité du spectacle.
Et lorsque nous sommes ressorties vers 23 heures, nous pensions que le plus difficile était derrière nous.
Nous nous trompions.
Les transports étaient à nouveau perturbés. Les stations étaient bondées. Certaines rames s’arrêtaient sans ouvrir leurs portes. Le GPS ne fonctionnait plus sur mon téléphone. Heureusement, celui de ma nièce prenait le relais.
Alors nous avons marché.
Encore.
Et encore.
Au total, nous avons parcouru près de dix kilomètres à pied dans la journée.
À un moment, un tram arrive.
Ce n’est pas exactement la destination que nous attendions.
Je regarde ma nièce et je lui dis simplement :
« Allez, on tente. »
Nous montons.
Et finalement, c’était le bon choix.
En repensant à cette journée, je réalise que nous avons trouvé une solution à chaque difficulté rencontrée.
Pas toujours celle que nous avions prévue.
Pas toujours la plus simple.
Mais une solution malgré tout.
Ce que les animaux nous apprennent sur la confiance
C’est là que les animaux m’ont rappelé une leçon essentielle.

Nos chiens et nos chats ne passent pas leur temps à imaginer tous les scénarios catastrophes possibles. Ils vivent dans le présent. Ils s’adaptent à ce qui se présente devant eux.
Un chien équilibré ne se demande pas ce qui va se passer dans trois heures.
Il observe, ajuste et avance.
Et surtout, il s’appuie sur son guide lorsqu’il lui fait confiance.
Ce soir-là, ma nièce faisait exactement la même chose.
Elle observait mon état émotionnel.
Si j’avais paniqué, elle aurait probablement paniqué davantage.
Si j’avais perdu mes moyens, elle aurait perdu une partie des siens.
Sans même m’en rendre compte, je suis devenue pour elle ce repère stable dont elle avait besoin.
Et c’est peut-être cela qui m’a le plus marquée.
Quelques heures plus tôt, lors du spectacle, un message m’était venu :
« Fais-toi confiance. »
Sur le moment, j’avais trouvé cette phrase inspirante.
Mais c’est dans les rues de Bordeaux que j’en ai compris le véritable sens.
Faire confiance à la vie ne signifie pas que tout se déroule parfaitement ou qu’il n’y aura plus d’imprévus.
Mais faire confiance à la vie, c’est accepter de faire un pas de plus même lorsque l’on ne connaît pas encore la suite du chemin.
C’est monter dans un tram sans être certaine de la destination et continuer à avancer lorsque le GPS ne fonctionne plus.
C’est croire qu’une solution existe même lorsqu’on ne la voit pas encore.
En rentrant, ma nièce m’a dit :
« Finalement, tout s’est bien déroulé. »
Et elle avait raison.
Cette journée n’a pas été parfaite.
Mais elle a été riche d’enseignements.
Je n’ai peut-être pas redécouvert Bordeaux comme je l’espérais.
En revanche, j’ai redécouvert quelque chose d’encore plus précieux :
ma capacité à faire confiance à la vie.
Et ça, aucun GPS ne pouvait me l’indiquer.
J’ai choisi d’y croire.
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