Yin et yang : et si nos contradictions étaient notre équilibre ?

Cet après-midi, j’ai regardé mes chats dormir. Ils étaient blottis l’un contre l’autre, complètement enroulés. L’un très sombre, l’autre beaucoup plus clair, leurs corps formant presque un cercle. En les regardant, une image m’est immédiatement venue à l’esprit : le yin et le yang.

Cette image que nous connaissons tous, faite de noir et de blanc, de deux forces opposées qui semblent pourtant parfaitement s’emboîter.

Et puis je me suis dit : finalement, cette image me ressemble plutôt bien. Parce que je suis faite de contradictions. Et peut-être que vous aussi ?

Yin et yang : faut-il vraiment choisir ?

Nous avons souvent appris qu’il fallait être cohérent.

Savoir ce que l’on veut. Choisir une direction. Prendre une décision et s’y tenir. Tu veux partir ou rester ? Travailler ou te reposer ? Préparer demain ou profiter d’aujourd’hui ? Être raisonnable ou suivre ton intuition ?

Comme si deux désirs contraires ne pouvaient pas exister en même temps.

Pourtant, le principe du yin et du yang raconte justement autre chose. Ces deux forces ne sont pas ennemies. Elles sont différentes, parfois opposées, mais elles se complètent. Et surtout, chacune porte en elle une petite part de l’autre.

Alors pourquoi n’en serait-il pas de même pour nous ?

Je suis pressée… et pourtant je vais lentement

C’est probablement l’une de mes contradictions les plus évidentes.

Je suis souvent pressée.

Quand j’ai une idée, j’ai envie qu’elle existe tout de suite. Quand j’entrevois un nouveau chemin, j’aimerais déjà savoir où il va me conduire. Quand je construis un projet, une partie de moi voudrait être arrivée avant même d’avoir commencé. Et pourtant…

Je peux prendre mon temps. Beaucoup de temps.

J’avance, je réfléchis, je change quelque chose, je reviens dessus. Je fais un pas, puis j’observe. Parfois je m’arrête. Parfois je prends un autre chemin. J’ai envie d’aller vite, mais mon chemin me demande souvent d’aller lentement.

Pendant longtemps, j’aurais peut-être considéré cela comme un défaut. Aujourd’hui, je me demande si ce n’est pas simplement mon yin et mon yang.

J’ai besoin de liberté… mais aussi d’un cadre

La liberté est essentielle pour moi. Pouvoir choisir. Organiser mon temps. Créer. Écrire. Explorer de nouvelles voies. Suivre une intuition lorsqu’elle se présente.

Et pourtant, je sais aussi que lorsque rien ne m’oblige à faire quelque chose, je peux très facilement remettre au lendemain.

J’ai donc besoin de liberté… et de quelques contraintes.

Cela pourrait sembler contradictoire. Ça ne l’est peut-être pas.

Le cadre n’est pas forcément l’ennemi de la liberté. Il peut même parfois lui permettre d’exister. Un peu comme les deux parties du yin et du yang : l’une vient équilibrer l’autre.

J’ai envie d’ailleurs… et je suis profondément attachée à ce qui m’entoure

J’aime profondément mes animaux, ma maison, mon environnement, tout ce petit monde vivant qui m’entoure et nourrit une grande partie de ce que j’écris.

Et pourtant, il existe en moi une envie d’ailleurs.

Voyager. Découvrir. Partir. Rencontrer d’autres personnes, d’autres paysages, peut-être même un jour emmener mes livres, mes conférences ou mes pratiques beaucoup plus loin.

Alors, suis-je quelqu’un qui aime profondément rester chez elle ou quelqu’un qui rêve de partir ?

Les deux. Pourquoi faudrait-il choisir ? On peut avoir des racines et rêver d’ailes.

J’aime la tranquillité… et j’ai toujours une nouvelle idée

Voilà encore un paradoxe qui me ressemble. J’aspire à la paix, au calme, à une vie plus tranquille.

Et puis mon esprit décide soudain qu’il serait formidable d’écrire un nouveau livre, de créer un cercle chamanique, de préparer une conférence, de développer un nouveau projet ou d’explorer une idée qui vient juste de surgir.

Je veux le calme… mais visiblement pas trop !

Et finalement, peut-être que ma tranquillité n’est pas l’absence de mouvement. Peut-être est-ce plutôt la possibilité de choisir mes mouvements. Créer lorsque j’en ai envie. M’arrêter lorsque j’en ai besoin.

Préparer demain sans oublier de vivre aujourd’hui

C’est probablement l’un des équilibres les plus difficiles à trouver.

Nous avons besoin de préparer demain. Faire des projets, anticiper, construire, semer des graines dont certaines ne germeront peut-être que beaucoup plus tard. Mais à force de regarder ce que ces graines deviendront demain, nous pouvons oublier de regarder ce qui pousse déjà aujourd’hui.

Les animaux me le rappellent souvent. Ils ne semblent pas passer leur journée à se demander ce qui se produira la semaine prochaine.

Ils vivent ce qui est là, une place confortable, un rayon de soleil, une gamelle, une présence rassurante, un autre chat contre lequel s’endormir.

Et pourtant, nous autres humains avons aussi cette formidable capacité à imaginer demain. Alors là encore, peut-être ne s’agit-il pas de choisir.

Préparer demain et habiter aujourd’hui.

Le yin et le yang.

Et si nous arrêtions de vouloir résoudre nos contradictions ?

Peut-être que certaines de nos contradictions n’ont pas besoin d’être corrigées, peut-être avons-nous simplement besoin de les reconnaître.

Je peux être impatiente et avancer lentement, avoir besoin de liberté et de cadre, aimer profondément mon chez-moi et rêver d’ailleurs, rechercher la tranquillité et avoir mille projets.

Je peux être rationnelle à certains moments et profondément intuitive à d’autres, vouloir construire demain tout en apprenant à vivre aujourd’hui.

L’un n’annule pas l’autre.

L’un équilibre peut-être l’autre.

La leçon de mes chats

Pendant que toutes ces pensées me traversaient, mes chats, eux, continuaient simplement à dormir.

Le clair contre le sombre. Le sombre contre le clair.

Entremêlés au point qu’il devenait presque difficile de savoir où commençait l’un et où finissait l’autre.

Personne ne cherchait à devenir semblable à l’autre. Chacun gardait sa couleur, sa personnalité, sa place. Et pourtant, ensemble, ils formaient quelque chose d’étonnamment harmonieux.

Alors je me suis demandé si le véritable équilibre ne ressemblait pas un peu à cela.

Non pas choisir définitivement entre les différentes parts de nous-mêmes.

Non pas faire disparaître nos contradictions.

Mais apprendre à les connaître, à les accepter et, peut-être, à les laisser doucement s’enrouler les unes autour des autres.

Comme le yin et le yang.

Comme mes chats cet après-midi.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *