Faire confiance au courant : l’art de laisser circuler

Cette semaine, en me réveillant, je me suis assise sur mon lit et je me suis dit :

“C’est une belle journée qui commence.”

Cela faisait longtemps que cette pensée ne m’avait pas visitée au réveil.

Elle n’était pas forcée.
Elle n’était pas une méthode Coué.
Elle était là. Simple. Vivante.

Puis, en me levant, une pensée très concrète est arrivée :
je devais acheter des croquettes pour mes chiens.

Et presque aussitôt :
c’est cher.

Et là, un autre mot a émergé, plus vaste :

Libération.

L’argent est libre de circuler pour les choses utiles.
Il n’est pas censé stagner dans la peur.
Il est une énergie.
Et toute énergie a besoin de mouvement.

Alors j’ai compris que ce n’était pas seulement l’argent.

C’était tout.

Tout doit circuler

Les souvenirs tristes.
Les expériences douloureuses.
Les regrets.
Les peurs anciennes.

Ils peuvent circuler.
Ils peuvent partir.
Ils ne sont pas mon identité.

Mes souvenirs racontent une histoire,
mais ils ne définissent pas qui je suis aujourd’hui.

Je peux les laisser couler.

Je peux lâcher les injonctions qui ne me correspondent plus.
Celles héritées, celles absorbées, celles que j’ai cru devoir porter.

Je libère.
Je me libère.

Et je me suis surprise à penser :
je vais voir combien de temps cela va prendre pour s’inscrire dans la réalité.

Puis j’ai attrapé le premier livre posé près de moi.

C’était Comme le fleuve qui coule de Paulo Coelho.

Quelle synchronicité.


La rivière : toujours la même, jamais la même

Une image s’est imposée à moi :

“C’est toujours la même rivière, mais ce n’est jamais la même eau.”

La rivière garde son lit, sa direction, son essence.
Et pourtant, l’eau qui la compose change à chaque instant.

Nous sommes cette rivière.

Notre âme est peut-être le lit profond.
Mais nos émotions, nos expériences, nos pensées…
sont l’eau.

Si l’eau refuse de circuler, elle devient stagnante.
Elle se trouble.
Elle s’alourdit.

Si elle circule, elle s’oxygène.
Elle chante.
Elle nourrit.

Et les poissons dans tout ça ?

Dans ma vision, il y avait aussi des poissons.

Ils avancent parfois à contre-courant.
Parfois ils se laissent porter.
Parfois ils se cachent derrière une pierre.
Parfois ils remontent vers la source.

Les poissons, ce sont nos parts intérieures.

Nos élans.
Nos instincts.
Nos désirs profonds.
Nos blessures aussi.

Certains poissons sont vifs, lumineux, audacieux.
D’autres sont craintifs, habitués aux zones d’ombre.

Mais tous ont besoin que l’eau circule pour vivre.

Si la rivière se bloque, les poissons manquent d’oxygène.
S’il y a trop de remous violents, ils s’épuisent.
S’il y a un courant fluide, ils trouvent leur trajectoire.

Nous ne sommes pas seulement la rivière.
Nous sommes aussi les poissons qui apprennent à nager en conscience dans leur propre vie.

Lâcher ne veut pas dire disparaître.
Lâcher, c’est permettre au courant de reprendre son intelligence naturelle.

Faire confiance au courant

Je lâche mes peurs quand elles ne sont plus utiles.
Je lâche mes ruminations quand elles ne me font plus avancer.
Je laisse partir ce qui n’a plus besoin de me définir.

Je fais confiance à plus grand que moi.
Je fais confiance à la Vie.

Comme la rivière qui ne doute pas d’atteindre l’océan.

Tout circule.
L’énergie.
L’argent.
Les émotions.
Les souvenirs.
Les rencontres.

Tout passe.
Tout transforme.

Et moi, au milieu de ce mouvement,
je choisis de ne plus m’accrocher aux berges.

Je choisis de couler avec la Vie.

J’ai choisi d’y croire.

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